Pour son premier concert aux Musicales de Normandie, l’ensemble Zene qui excelle dans le répertoire baroque italien interprète le Stabat Mater à 10 voix de Domenico Scarlatti. C’est vendredi 17 août en l’église à Caudebec-en-Caux. Gagnez vos places en écrivant à relikto.contact@gmail.com

Zene (musique en hongrois), c’est un ensemble de jeunes chanteurs et instrumentistes issus des grands conservatoires européens. Bruno Kele-Baujard l’a fondé en 2014 à la fin de ses études musicales à Bruxelles en Belgique. « Nous étions une équipe d’amis qui interprétaient les œuvres de Vivaldi et les madrigaux de Guesaldo ».

Depuis, l’effectif a évolué et Bruno Kele-Baujard a arrêté de chanter pour se consacrer à la direction de la formation. « C’est une décision difficile à prendre. Nous avons chacun notre instrument et nos limites. Aujourd’hui, je me sens bien dans ce que je fais. Je ressens plus de plaisir à diriger. Je chante toujours parce que cette pratique artistique fait partie de moi et que je chante depuis que je suis tout petit ».

La direction, Bruno Zele-Baujard a beaucoup appris auprès de Péter Eötvös, compositeur et chef d’orchestre hongrois, « un ami de la famille. Il est mon père musical. J’ai beaucoup travaillé à ses côtés et je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre. Péter Eötvös vit pour transmettre. Il ne refuse jamais de donner un conseil ».

« Un jeu d’équilibre constant »

Avec son ensemble, Bruno Zele-Baujard se promène dans divers répertoires, du plus ancien à la musique contemporaine. Pour Les Musicales de Normandie, Zene interprète le Stabat Mater à 10 voix de Domenico Scarlatti (1685-1757). « Après avoir entendu cette œuvre une première fois, je n’en ai pas gardé un souvenir merveilleux. Un ami m’en a reparlée. Quand j’ai lu la partition, je me suis rendu compte que j’avais un bijou entre les mains. Pourtant, 10 voix, c’est une organisation compliquée à gérer. On peut vite se retrouver dans un brouillard sonore ».

Il a fallu du temps et de la patience à Bruno Zele-Baujard et à l’ensemble Zene pour s’approprier le Stabat Mater de Scarlatti. « Il est important de trouver le tempo, les nuances justes pour que toutes les voix se fassent entendre au bon moment. Ce n’est pas simple. Il y a des moments très fleuris et d’autres plus austères. Que voulait vraiment Scarlatti ? Que doit-on faire ressortir du texte ? C’est un jeu d’équilibre constant ».

A cette partition de Scarlatti, Bruno Zele-Baujard ajoute le Crucifixus de Lotti (1667-1740), « une musique très acide » et des motets de Henry Purcell (1659-1695), « les plus grandes pages de la musique anglaise qui invitent à l’expectative, la contemplation ».