photo Vladimir Lutz

Ils ont suivi les cours du conservatoire de Strasbourg et fait l’école buissonnière. Les quatre musiciens de Lolomis aiment voyager, explorer les musiques traditionnelles du monde, s’en influencer pour écrire une musique expérimentale, envoûtante. Le quatuor brasse les styles, mélange les langues. Avec le deuxième album, Boukane, Lolomis passe des rythmes des Balkans aux sonorités plus métissées. Le groupe joue le 12 juillet aux Terrasses du jeudi à Rouen. Entretien avec la chanteuse Romane Claudel-Ferragui.

Est-ce que les voyages sont un point de départ de vos chansons ?

Le premier album était axé sur les musiques des Balkans et nous y avons en effet voyagé ensemble. Les autres influences se sont ajoutées grâce à nos copains qui voyagent aussi et nos recherches sur Youtube. On y trouve des pépites. 

Qu’est-ce qui vous a amené à effectuer de telles recherches ?

J’ai fait pas mal de musicologie. J’ai aussi fait une école de chant pat le biais des musiques du monde. Là, j’ai pu rencontrer des grands maîtres. Tout cela m’a ouvert plein de portes, m’a permis de me confronter à diverses langues, aux sonorités de ces langues. Nous nous emparons des textes des musiques traditionnelles et on recompose la musique autour. Cela demande de réelles recherches pour comprendre ce que les écrits signifient dans les pays d’origine. Nous ne voulons pas rester à la surface des choses.

Pourquoi vous intéressez-vous aux musiques traditionnelles ?

Nous sommes tombés dedans par mégarde. Nous avons travaillé avec des musiciens et des professeurs qui s’intéressent à ces musiques. Pour nous, ce fut une autre façon d’apprendre la musique et de la vivre. Tout se fait à l’oreille. C’est aussi un répertoire commun et des musiques splendides.

Est-ce que ces musiques offrent davantage de liberté dans l’interprétation ?

Non, je ne crois pas. Nous avons mis du temps pour trouver la bonne démarche. Nous l’avons trouvée. Comme je le disais, nous choisissons un texte et nous ajoutons des petites touches de couleurs dessus. Nous cherchons, nous improvisons. Nous construisons un mille feuilles.

Dans cet album, Boukane, vous vous autorisez une langue imaginaire.

Cela me trottait dans la tête depuis longtemps. Quand on écoute une chanson dans une langue étrangère, on a parfois l’impression de comprendre quelque chose. Je me suis alors amusée à jouer avec des sonorités. J’ai tout d’abord écrit en français et j’ai passé mon texte dans des éprouvettes avec des patois, une langue occitane…

Qu’est-ce qui vous guide dans le choix des textes ?

Je récupère des textes qui me tiennent à cœur. Pour cet album, et malgré nous, nous avons choisi des textes abordant la transe, des choses spirituelles et naviguant sur la sorcellerie. Ces écrits racontent le plus souvent des histoires de village, parlent de rencontres, d’amour, de mariage, de travail… 

Le quatuor est formé d’une voix, d’une batterie, d’une flûte et d’une harpe. Pourquoi ce choix ?

Ce n’est pas un choix mais un hasard de la vie. Nous sommes avant tout quatre copains qui ont des formations différentes. Pour ce projet, nous avons réfléchi en terme d’amitié. Avec cet instrumentarium, nous avons réfléchi à la musique que nous pouvions jouer ensemble. Nous avons tous ce goût pour les musiques du monde et profité de cette formation atypique pour aller chercher autre chose. Par exemple, Élodie, à la harpe, se découvre être l’harmonie. Elle a un rôle de bassiste.

Les Terrasses du jeudi 12 juillet à Rouen

  • 18h30 et 20h15 : Impøssibe, place du 19-Avril-1944
  • 18h45 et 20h30 : Benoît Lugué & Cycles, place du Vieux-Marché
  • 19 heures : Hoboken Division, place de La Calende
  • 19h15 et 21 heures : Stra,ge O’Clock, espace du Palais
  • 19h30 : RCCS, place Saint-Marc
  • 20h45 : Santa Cruz, place de La Calende
  • 21h15 : Lolomis, place Saint-Marc
  • Concerts gratuits