Mahlermania, dernière création de la compagnie Nico and The Navigators créée à la Deutsche Oper à Berlin, est inspiré de la vie et de l’œuvre du compositeur Gustav Mahler. Elle est reprise en France vendredi 6 et samedi 7 décembre avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie au Théâtre des Arts pour la clôture du festival Automne en Normandie.

 

photo Falk Wenzel

photo Falk Wenzel

Mahlermania n’est pas une pièce narrative sur la vie de Gustav Mahler, compositeur et chef d’orchestre autrichien (1860-1911). Elle sonde les méandres de la personnalité d’un homme et également les soubresauts d’une époque à travers une épopée avançant à coups de tableaux vivants.

Au point de départ, il y a bien sûr la musique de Gustav Mahler. C’est « le terreau de ce spectacle. Elle le nourrit. Nus nous sommes plongé dans la musique de Mahler et nous nous sommes laissé porter », confie Nicola Hümpel, metteure en scène. Cette musique qui évoque « une tension entre la fin du romantisme et le début d’une nouvelle ère. C’est une tension qui nous touche encore aujourd’hui. Il y a dans cette musique ce conflit intérieur entre le désir de retrouver quelque chose de perdu et la tentative de projection dans une modernité. Il avait la nostalgie d’un paradis perdu. Il y a tout un système de valeur qui s’effondre avec l’arrivée d’une modernité. Mahler est prisonnier de son énergie. Il est comme un cheval au galop qui n’avance pas », explique Nicola Hümpel.

Dans Mahlermania, la metteure en scène a concentré son travail sur la complexité psychologique de Gustav Mahler et dresse aussi le portrait d’une époque. Une époque où la femme s’émancipe, fait irruption dans les univers intellectuel et artistique. Son épouse, Alma Mahler (1879-1964), femme de caractère, pianiste, compositrice « avait un grand talent. Elle a accompagné son mari. Elle a renoncé à sa carrière pour se mettre au service de son génie ». Entre Gustav et Alma, la relation a été tumultueuse. Pour lui, « c’est tout l’idéal romantique de la femme qui vole en éclats. Elle incarne aussi la jeune génération comme Schönberg ».

Témoins d’une époque, ces personnages interrogent évidemment notre société actuelle en pleine mutation. « Nous nous retrouvons toujours confronter à un bouleversement ».

 

  • Vendredi 6 décembre à 20 heures, samedi 7 décembre à 19h30 au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : 30 €, 24 €. Réservation au 02 35 98 74 78 ou au 02 32 10 87 07, sur www.operaderouen.fr ou sur www.automne-en-normandie.com