C’est un premier concert qui en appelle d’autres. Ballaké Sissoko, musicien malien associé au Hangar 23, donne un concert mardi 20 mai à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen. Il est entouré de Guillaume Orti et Andy Emler, deux grands improvisateurs.

 

ballake« La kora me soulage. Si je ne joue pas, je suis stressé ». Ballaké Sissoko, musicien malien, a toujours son instrument avec lui. Un instrument avec 21 cordes d’origine mandingue qu’il entend depuis toujours. « J’écoutais mon père et mon voisin aussi. Je me cachais derrière le mur. La kora, c’est naturel ». S’il était évident de devenir koriste pour le jeune Ballaké, cela l’était moins pour ses parents. « Mon père me disait que je devais suivre des études. Ce n’est pas facile de vivre seulement de la musique. En Afrique, nous vivons en famille et l’aîné doit s’occuper de la famille. Je suis l’aîné. Mais j’avais la musique dans la tête ».

 

Avec Ballaké Sissoko, rien ne s’écrit. « A force d’écouter, j’ai pu développer mon oreille. Il faut écouter. C’est important. Cela prend certes du temps mais cela permet de savoir comment on peut aborder la musique ». Après son père et son voisin, Ballaké Sissoko est allé écouter son grand-père maternel au Sénégal. « Il faut s’ouvrir. Chaque ethnie transmet son langage de la kora ».

 

Ballaké Sissoko improvise depuis l’âge de 10 ans, reprend l’ensemble instrumental national du Mali de son père, accompagne de grandes chanteuses. Musicien très sollicité, il multiple les collaborations avec des artistes de divers horizons. Il y a Vincent Segal. « Je l’ai écouté pour la première fois lors d’un festival en Grèce. Il était là avec Bumcello. J’ai aimé le son du violoncelle, un son grave qui va bien avec celui de la kora. Vincent est une personne qui a une oreille musicale. On se comprend très vite. Il suffit d’un geste, d’un regard ». Les deux musiciens ont enregistré deux albums, Chamber Music et At Peace.

 

Autre collaboration : celle avec deux improvisateurs, Guillaume Orti, saxophoniste, et Andy Emler, organiste. Les trois musiciens se retrouvent à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen. « C’est un lieu que j’aime bien. Il me donne de l’inspiration. Au Mali, on n’a pas l’occasion de jouer dans de tels endroits ». Réunis pour la première fois au festival d’Aix-en-Provence, Ballaké Sissoko, Guillaume Orti et Andy Emler poursuivront cette conversation improvisée.

 

Ballaké Sissoko revient la saison prochaine au Hangar 23 avec Nicole Mitchell, flûtiste et de jazz américaine, puis avec Vincent Segal.

 

 

  • Mardi 20 mai à 20h30 à l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen.