Georg Philip Telemann est au coeur du concert de La Rêveuse. La formation de Benjamin Perrot et Florence Bolton font revivre cet esprit européen mercredi 23 août en l’église à Arques-la-Bataille lors du festival de musiques anciennes.

Faire connaître la musique ancienne… C’est l’objectif que se sont fixés Benjamin Perrot et Florence Bolton lors de la formation de La Rêveuse en 2004. Cette fois, les deux musiciens se consacrent à Telemann. Il y a eu un disque Telemann : trios et quatuors avec viole. Il y aura un concert mercredi 23 août en l’église à Arques-la-Bataille lors du festival de musique ancienne. L’exploration du travail de ce compositeur ne s’arrêtera pas là. « Nous avons envie d’autres enregistrements ».

Georg Philip Telemann (1681-1767) reste « le méconnu » des plus grands musiciens européens du XVIIIe siècle tels que Bach, Scarlatti, Rameau… Pourtant il a été une figure marquante. « De son vivant, il était bien plus connu que Bach. Il était même une véritable star en Allemagne, bien payée. Il a écrit aussi beaucoup de musiques. On dit de lui qu’il a écrit au kilomètre », rappelle Florence Bolton.

Avec un brin d’humour

Telemann a un parcours atypique. Il n’est pas né dans une famille de musiciens. Entre la musique et les études, son père a choisi à sa place. Ce sera le droit. Le diplôme en poche, Telemann revient à ses premières amours et se lance dans la musique. « Il aimait proclamer qu’il était autodidacte. Ses études de droit vont beaucoup lui servir. Il va avoir le sens des affaires et écrire de la musique pour tout le monde, pour tous les niveaux. Il se pose la question du public de demain. Au XVIIIe siècle, la classe bourgeoise va vouloir jouer de la musique, donc se procurer des partitions. On observe une forte demande. Telemann va s’occuper de l’édition. Le droit va favoriser une ouverture sur le monde. Sa musique est une sorte de synthèse d’influences françaises, italiennes. A la fin de sa vie, il penche vers le style galant, à la mode à cette époque ».

Si les ensembles jouent plus fréquemment les Quatuors parisiens, La Rêveuse s’est concentrée sur les pièces autour de la viole de gambe. « Chacune est différente dans l’inspiration, a une forme originale. Elle est une facette de Telemann. Il donne à la viole de gamme un rôle important alors qu’elle est en train d’être détrônée par le violoncelle. Il a une véritable affection pour cet instrument », indique Florence Bolton. Telemann n’en oublie pas les autres instruments. Ces compositions sont des dialogues non dénués d’humour, des saynètes joyeuses.

  • Mercredi 23 août à 20 heures à l’église à Arques-la-Bataille. Tarifs : de 20 à 10 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Réservation au 02 34 04 21 03 ou sur www.academie-bach.fr
  • Programmation complète sur www.academie-bach.fr