La religion est le sujet unique de Allelujah bordel ! Jérémy Ferrari, révélé dans l’émission de Laurent Ruquier On n’demande qu’à en rire était de passage à Rouen lundi 31 mars. Il revient sur la genèse de ce spectacle qu’il joue jeudi 24 avril au Zénith de Rouen.

 

Dans votre spectacle, vous revenez sur des faits d’actualité. Y a-t-il un événement en particulier qui a suscité l’écriture ?

Non, il n’y en a pas. J’étais parti sur l’axe des religions. A la base, je ne suis pas beaucoup allé à l’école. J’ai trouvé intéressant d’avoir un point de vue sur les textes fondateurs. Je suis plutôt cartésien. En lisant, je me suis dit que je trouverais peut-être en plus quelque chose de rassurant. En fait, je me suis aperçu que ces textes étaient la base du racisme, de la misogynie, du communautarisme… Je pensais que les extrémistes interprétaient mal les textes. Or, ils appliquent à la lettre ce qui est écrit. Pour moi, ce spectacle est une bonne manière de lutter contre ces fléaux, de désamorcer tout cela. La religion est le fil rouge pour parler du couple, de l’éducation, de l’adoption et pour rire.

 

Pourquoi parlez-vous seulement des trois religions monothéistes ?

Pour moi, le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie de vie. Quant aux religions polythéistes, elles m’éloignent de mon sujet. J’ai lu l’Ancien Testament qui est la base de ces religions monothéistes. J’ai mis trois années à effectuer ces lectures qui m’ont permis de pointer les incohérences, les absurdités et les violences de ces religions. J’ai besoin de fond pour pouvoir faire rire.

 

Pourquoi ?

Pour ne pas être chiant. J’ai aussi besoin de me nourrir pour trouver les thèmes des sketches. Je n’aime pas l’humour cynique, provocateur, gras. Il me gêne. Il me faut du fond. Après le fond, je dois trouver la forme. C’est très important. J’ai connu des salles vides pendant dix ans. Quand le public est là, je ne le lâche pas. C’est pour cela que le suis habité par ce que je raconte. Quand je parle de colère, je suis vraiment en colère. Quand il y a de la tristesse, je suis vraiment triste. Et quand c’est marrant, je suis mort de rire.

 

Etes-vous devenu croyant après ces lectures ?

Non et je suis sûr que je ne suis pas croyant.