2h30 de spectacle, 12 personnes sur scène : c’est sur un spectacle ambitieux que travaille Yann Dacosta, fondateur du Chat Foin. Les Légendes de la forêt viennoise d’Ödön von Horváth seront créées à l’automne prochain au CDN de Normandie Rouen.

 

photo Arnaud Bertereau

Il y a Le Beau Danube bleu qui revient telle une ritournelle. Au fil de la pièce, la mélodie romantique de Johann Strauss fils perd de son éclat et de son charme pour devenir mystérieuse, dramatique. C’est une métaphore des Légendes de la forêt viennoise d’Ödön von Horváth (1901-1938), une pièce mise en scène par Yann Dacosta. Le fondateur de la compagnie rouennaise, Le Chat Foin, revient à un théâtre musical, de troupe avec ce texte brûlant.

 

Légendes de la forêt viennoise raconte l’histoire d’une jeune femme qui décide de changer le cours de sa vie. Marianne vit avec son père, travaille avec lui dans la boutique familiale et doit se marier avec le boucher d’à côté. Tout était dessiné. Un jour, elle croise un garçon charmeur, se laisse séduire, l’épouse et devient maman. La belle histoire d’amour devient un vrai cauchemar après la naissance de l’enfant et aussi une accumulation de problèmes financiers. Marianne se retrouve seule. Pour gagner sa vie, elle devient danseuse dans une boîte de nuit. En toile de fond, l’avènement du régime nazi…

 

Il y a une tension dramatique grandissante dans cette pièce de théâtre. Au début, on sourit, on rit, on chante, on danse. Yann Dacosta instaure un climat léger, crée un environnement coloré pour marquer ces instants de gaité et d’insouciance avant les heures plus sombres. Ödön von Horváth met en garde contre le fascisme. Mais il y a la peur, l’aigreur, la montée d’un sentiment nationaliste chez les plus âgés. A cela s’ajoute le désespoir d’une jeunesse égoïste, souffrant de solitude, qui trouve un salut dans le fanatisme. Comment en sont-ils arrivés là ? C’est la question qui traverse le texte d’Ödön von Horváth.

 

  • Création les 17, 18 et 19 octobre au CDN de Normandie Rouen