Quinze ans de carrière avec cinq albums et deux spectacles chorégraphiques… Olivia Ruiz mêle la musique et la danse. Sans oublier le cinéma. Après deux créations avec Jean-Claude Gallotta, elle revient à la chanson avec A Nos Corps aimants, des titres pour évoquer le corps qui change avec le temps, qui ne peut rien sans l’esprit… Elle chante mardi 12 décembre au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, une scène conventionnée pour la danse. Entretien.

Quel lien faites-vous entre la musique et la danse ?

Je ne sais pas. Le fait de plonger dans un exercice dansé, notamment dans L’Amour sorcier et Volver a été très fort pour moi. Ces créations m’ont reconnectée avec ce corps que j’avais abandonné. Cela a été un réveil musculaire et psychologique, un travail presque douloureux mais avec une récompense tellement dense en terme d’intériorité et de bien-être.

Est-ce cette expérience qui a influencé ce nouvel album, A Nos Corps aimants ?

Cela a en effet beaucoup nourri ce dernier disque. Moi qui suis très obsédée par la mémoire, j’ai appris qu’elle était très présente dans les corps. Nous avons tous une mémoire génétique. Ce qui expliquerait certaines obsessions. Cela a occupé mon esprit pendant de longs mois. Ma mère est une passionnée de danse. Je suis née un 1er janvier, le même jour que Maurice Béjart. Ce sont des petits signes qui ne sont pas anodins. Tout cela a influencé mon apprentissage. Je ne suis pas devenue une danseuse professionnelle parce que cela représente le travail de toute une vie. Néanmoins, la danse me fait vibrer.

Pourquoi avez-vous abandonné votre corps ?

Quand on est adolescent, on préfère être avec ses potes qu’au cours de danse. A ce moment-là, le chant a pris de plus en plus de place et j’ai dû faire un choix.

 

 

Danser et chanter, est-ce le même plaisir ?

C’est toujours un plaisir. La différence se situe davantage au niveau physique. Quand je danse, c’est plus intense. Quand je chante, je me concentre sur l’interprétation. Sur scène, il m’arrive de m’offrir quelques moments de danse sur quelques plages instrumentales.

Que vous a appris Jean-Claude Gallotta ?

Tellement de choses ! Avec lui, j’ai beaucoup appris la rigueur qui existe déjà dans mon métier de chanteuse. Pour un spectacle chorégraphique, vous utilisez chaque millimètre de votre corps et vous avez alors conscience de sa capacité et de son incapacité. Quand vous buvez un verre de vin rouge, vous en ressentez le poids le lendemain.

Dans votre album, le corps est beaucoup associé au désir. Pourquoi ?

J’ai toujours parlé de désir de manière libre. Même si j’ai pu en choquer quelques-uns. Pour moi, ce n’est pas du tout un sujet tabou. C’est plutôt naturel pour moi. Le désir nous permet de rester en vie. Et il existe un milliard de formes de prendre du plaisir, que ce soit dans nos têtes et dans nos corps.

  • Mardi 12 décembre à 20h30 au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray. Tarifs : 30 €, 15 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 91 94 94.