Mozart, Stravinsky et Puccini en lyrique. Ravel et Dvořák en symphonique. Kader Attou, Josette Baïz en danse… Ce sont quelques noms de l’affiche de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Rouen Normandie qui est présentée mercredi 1er et jeudi 2 juin au Théâtre des Arts.

 

photo Emmanuelle Brisson

photo Emmanuelle Brisson

Libertinage… C’est le titre de la saison 2016-2017 de l’Opéra de Rouen Normandie. Un mot pour aborder une question criante aujourd’hui : la bien-pensance. Le directeur Frédéric Roels fait là référence au courant philosophique et artistique du XVIIe siècle. C’est le libertinage de pensée, avant le libertinage de mœurs, qui revendique le droit à la liberté de pensée, d’action, à la transgression d’une morale dictée par l’Église. Cette réflexion va se poursuivre les siècles suivants, encore aujourd’hui. « C’est ce qui fait la diversité de notre monde », commente Frédéric Roels.

 

« Cette question revient aujourd’hui avec le politiquement correct. Cela revient même en force. Dans certains discours, il y a une dictature de la pensée qui s’installe. Et c’est dangereux », constate Frédéric Roels. A cela s’ajoute la montée des extrémismes religieux avec des discours radicaux. « Les religions, dans leur extrême, cadenassent toute forme de liberté ».

 

Dans sa manière de résister, l’art « ne doit pas imposer une dictature pour s’opposer à une autre dictature. Au contraire, il exprime des questions, ouvre des portes de pensée, d’interprétation. Il a une vocation à créer du dialogue ». Certains artistes ont essayé, essaient encore, et en sont morts. « Beaucoup menaient une double vie. Ils écrivaient ou peignaient des œuvres sous leur nom officiel et réalisaient des gravures ou écrivaient des textes libertins sous des pseudonymes ».

 

Pour le directeur de l’Opéra de Rouen Normandie, « il y a une famille d’œuvres qui interpellent cette question ». La saison 2016-2017 commence en septembre avec Cosi Fan Tutte de Mozart. « C’est un bel exemple. Cette pièce ressemble à un marivaudage qui se termine par un happy end. Les couples sont mis à l’épreuve pour tester leur fidélité. A la fin, ils se réconcilient. Mais se recomposent-ils dans leur formation initiale ? ». Dans le chapitre lyrique, Frédéric Roel propose à nouveau Dido and Aeneas de Purcell par le Poème harmonique, puis The Rake’s Progress de Stravinsky, mis en scène par David Bobée, directeur du CDN de Normandie Rouen, La Bohème de Puccini par Laurent Laffargue.

 

Le programme musical est très riche. Au Théâtre des Arts, les concerts symphoniques avec deux compositeurs en fil rouge, Ravel avec notamment le Concerto pour la main gauche, et Dvořák et sa célèbre symphonie Du Nouveau Monde. L’ensemble Accentus, toujours en résidence, présente L’Ange scellé de Rodion Chtchedrine, Comala de Niels Wihelm Gade. A la chapelle Corneille, les musiques anciennes, vocales et de chambre avec Les Cyclopes, le Café Zimmermann, l’ensemble VariancesB’Rock, formation belge, donnera quatre concerts avec des répertoires différents (Purcell, Dowland, Vivaldi, Reich, Ligeti…).

 

En danse, des noms bien connus à l’Opéra reviennent la prochaine saison. Kader Attou, avec Andrés Marín, a écrit Yãtrã, une chorégraphie dans laquelle il mêle le hip-hop, le flamenco sur des musiques du nord de l’Inde. Du flamenco encore avec Y Olé ! de José Montalvo. Josette Baïz avec sa compagnie Grenade évoque des fantômes dans Spectres. Le ballet de l’Opéra de Lyon propose Trois Grandes Fugues de Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaker et Lucinda Child. De la danse et aussi de la magie avec la compagnie 14:20 qui interprète Wade in the water dans le cadre du festival Sring.

 

  • Présentation de saison mercredi 1er et jeudi 2 juin à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Entrée gratuite. Réservation au 02 35 98 74 78