Pascal Contet a donné de nouvelles couleurs à l’accordéon. Le musicien qui a joué dans 55 pays dans le monde contribue vivement à l’élargissement du répertoire de l’instrument et au renouvellement de son image. Depuis plus de vingt ans, Pascal Contet travaille avec de grands compositeurs tels que Bruno Mantovani, Luciano Berio, Philippe Hurel, improvise, multiplie les projets avec des musiciens, des écrivains, des comédiens, écrit pour le cinéma… Samedi 12 août, à La Boucane à Fécamp, il emmène Contre Vents et marées, un concert programmé dans le cadre des Musicales de Normandie imaginé comme un voyage. Entretien.

Est-ce que la relation avec votre accordéon a changé au fil du temps ?

Non, elle n’a pas changé. J’ai toujours la même envie de le découvrir. Plus j’avance, plus je me dis que l’accordéon a des couleurs multiples. Il a des possibilités infinies. Je reste encore agréablement surpris et dans une poursuite de découvertes.

Quand vous surprend votre accordéon ?

C’est davantage par rapport au répertoire, aux partitions que peuvent m’écrire les compositeurs. Je remarque alors que l’accordéon a des sonorités insoupçonnées. Même chose lorsque j’improvise ou que je compose. Je vais chercher des sons que je n’ai encore jamais entendus. C’est le répertoire qui fait que l’on avance.

Quand vous avez commencé l’accordéon, est-ce que vous pressentiez cette richesse ?

Non, pas du tout. L’accordéon est au départ quelque chose d’affectif. C’était familial. Ma tante en jouait. C’est aussi un instrument que l’on peut apporter partout avec soi. J’ai appris à jouer du piano, donner des concerts. Parfois, vous jouez sur des instruments qui ne sont pas les meilleurs. Je pense que plus on joue sur sur son instrument, plus on peut créer son propre son. Dans ce parcours, ce sont les professeurs qui m’ont emmené avec mon accordéon vers des contrées lointaines. Je voulais aller loin du musette parce que la musique classique et contemporaine m’intéressaient. Les collaborations avec les différents compositeurs m’ont amené à reconsidérer ce que je croyais connaître de l’instrument. Jamais, je n’avais pensé en arriver là.

Est-ce que votre accordéon a encore des secrets pour vous ?

Je ne sais pas. Je pense qu’il ne m’a pas encore tout dit. Pour chaque nouvelle composition et formation, il y a d’autres couleurs musicales qui surgissent et l’instrument réagit différemment. En fait, l’accordéon se marie fort bien. Je ne vois pas avec quel instrument il ne peut pas se marier. L’accordéon a une histoire décalée. Quand vous dites que vous jouez de l’accordéon, on pense au bal. En revanche, quand vous dites que vous jouez du violon, on pense musique classique. Pourtant, de tout temps, depuis sa création en 1829, il s’est mêlé à divers instruments. Le musette a duré seulement pendant 50 ans. C’est peu sur une histoire de 200 ans.

Est-ce que l’image de l’accordéon ne change pas ?

Oui, elle a changé parce que les festivals se sont multipliés, ont invité des accordéonistes avec un répertoire classique et contemporain. Dans les conservatoires, les jeunes peuvent suivre une formation avec une nouvelle approche.

Est-ce que cette image désuète vous a un peu gêné lorsque vous avez commencé à jouer ?

Un peu mais j’ai commencé à 9 ou 10 ans. A 13 ans, j’ai eu un prof qui a laissé peu de traces. Le suivant m’a au contraire ouvert des voies. Je n’avais pas envie de jouer de la variété. J’ai toujours préféré la musique classique. J’ai eu la chance de commencer à jouer à un moment où il y avait très peu d’accordéonistes classiques. Cependant si je n’avais pas eu d’autres voies, j’aurais laissé tomber l’accordéon. Ce n’est pas un jugement de valeurs. C’est par goût.

Quel programme avez-vous choisi pour le concert des Musicales de Normandie ?

Je vais raconter une mini histoire de l’accordéon. Nous allons traverser les siècles et les mers. L’accordéon a beaucoup voyagé. On le trouve sur tous les bateaux et dans tous les pays. Partout où je suis allé, j’ai toujours entendu ou vu un accordéon. Il y aura aussi beaucoup d’improvisation pour recréer le côté maritime de l’instrument. Avec les Musicales de Normandie, nous avons convenu d’un concert surprise. J’aime que l’auditeur puisse voyager avec moi.

  • Samedi 12 août à 17 heures à La Boucane à Fécamp. Tarifs : 15 €, 12 €. Réservation au 09 53 23 27 58 ou à musicales.normandie@gmail.com