Plusieurs départements de l’Université de Rouen ont mené une enquête sur les pratiques culturelles des 16-29 ans dans la métropole rouennaise. En résumé, les jeunes sortent mais ne lisent pas.

Quelles sont les pratiques culturelles des jeunes de 16 à 29 ans ? Une question posée par la Métropole Rouen Normandie. Les réponses ? Ce sont plusieurs départements de l’Université de Rouen qui les ont apportées après une enquête menée auprès de plus de 1 500 jeunes âgés entre 16 et 29 ans — 1 473 ont reçu un questionnaire et 74 ont accepté des entretiens. Pour effectuer cette étude, quatre types de population ont été définis : « les élèves », de 16 à 18 ans (14,4 %), « les étudiants » de 19 à 21 ans (31,6 %), les personnes « en voie d’insertion professionnelle, de 22 à 24 ans (33,3 %), les actifs, de 25 à 29 ans (20,7 %). Ont été recensés pas moins de 800 lieux culturels, allant du parc animalier à la friche en passant par le monument historique, la télévision, la médiathèque, le festival… Les chercheurs de l’Université de Rouen ont opté pour une vision très large des pratiques culturelles comme la promenade, le concert, le cinéma, le jeu vidéo…

Premier constat : les jeunes sortent et « ont une vraie appétence pour les sorties. 81 % des personnes interrogées disent avoir une activité qui les amène à sortir de chez eux », précise Magali Sizorn, maîtresse de conférences à l’UFR CETAPS et co-responsable du Master Direction de projets culturels ou d’établissements culturels à l’UFR des Lettres et Sciences humaines. Certains peuvent aller très loin. « Nous avons identifié deux profils, quelque soit le lieu d’habitation. 27 % d’entre eux font des trajets inférieurs à 15 minutes. Ils aiment la proximité et vont vers l’activité où elle se situe. C’est surtout sur Rouen. Il y aussi 31 % qui sont prêts à faire un déplacement de 30 minutes et plus. Les jeunes en périphérie vont dans la métropole ». Ils se déplacent pour 28 % à pied ou vélo. Même pourcentage pour les transports en commun. 25 % préfèrent la voiture personnelle ou le 2 roues alors que 19 % choisissent le covoiturage, le train ou l’autocar.

Une grande absente

Que font les jeunes de 16 à 29 ans dans la métropole rouennaise ? Pour évoquer les pratiques culturelles, les logiques de territoire et sociale apparaissent déterminantes. Les personnes qui ont eu accès très jeunes à une éducation artistique ou bénéficié d’actions culturelles durant leur scolarité ne rompent pas avec ces habitudes. Dans l’agenda des jeunes, « le spectacle vivant n’est pas absent. Là encore, les facteurs sociaux se remettent en œuvre. Il y a des lieux bien identifiés comme le 106, le Zénith ou l’Opéra ou encore le Kindarena avec les événements sportifs. Les jeunes aiment particulièrement les grandes manifestations, les spectacles fédérateurs, les moment d’effervescence, les concerts gratuits ». Les 16-29 ans sortent surtout à Rouen (81 %), vont au concert (61,7 %) et au spectacles (53,7 %), fréquentent les salles sportives (12,2 %), les cinémas (11,3 %) et les expositions (4,6 %).

« C’est une caractéristique très forte, selon Magali Sizorn. Cependant on ne sait pas si l’importance de la surface forestière de la métropole est un facteur déterminant ou si cela définit une tendance générale ». Les jeunes de la métropole rouennaise sont attachés à la promenade. Ils se rendent dans les parcs et jardins (67 %), en ville (46 %), en forêt (41 %), dans les lieux patrimoniaux (16 %). Impossible de passer à côté des activités numériques. « Elles sont extrêmement importantes pour ceux que nous avons rencontrés. Il y a à la fois une consommation dans la pratique et dans la fabrication de contenus, musicaux ou photographiques. C’est un trait générationnel et cela amène à d’autres formes de légitimation culturelles ». Et la lecture dans tout ça ? C’est la grande absente. « Même pour ceux qui font des études supérieures. Les jeunes qui lisent ont d’autres pratiques culturelles et ceux qui ne lisent pas ont moins de pratiques culturelles ».