Des paysages redessinés, des contextes mouvants, une plus grande diversité de l’offre… Le secteur culturel n’échappe pas depuis quelques années à une réflexion sur son modèle, en pleine mutation. Avant les Rencontres de la culture qui se tiennent mardi 15 mars au 106 à Rouen, Manuel Chesneau, président du Collectif 99, et Stéphane Maunier, directeur du Kalif, tous deux porteurs du projet DATA, ont mené des ateliers sur les « nouveaux modèles économiques ». Depuis plusieurs années, le mécénat a fait son entrée dans le domaine culturel.

 

image dataPour les deux porteurs du projet DATA, la culture doit demeurer un bien public. « Quel est le sens ? » se demande Stéphane Maunier. « Il est nécessaire aujourd’hui de repartir sur les fondamentaux. On ne les a pas oubliés mais on ne met plus assez le doigt sur l’importance de la culture. Il faut resituer le citoyen par rapport à sa pratique culturelle, à sa consommation culturelle ». Ce service public, « il faut le réaffirmer et se donner les moyens de le réaffirmer. La diversité culturelle est forte. Elle doit pouvoir vivre et s’exprimer », ajoute Manuel Chesneau.

 

Comment ? « Les collectivités publiques doivent financer le secteur public ». Or, les enveloppes publiques sont moindres. Elles n’ont cessé de maigrir ces dernières années. Dans ce nouveau contexte, il a fallu être innovant. Se sont alors multipliées les campagnes de financement participatif pour la création de spectacle, la sortie d’albums… Sans oublier les lieux pluridisciplinaires tels que l’UBI à Rouen, le SHED à Notre-Dame-de-Bondeville sur le territoire de la Métropole ou ailleurs, La Belle de Mai à Marseille, le 104 à Paris, le Lieu Unique à Nantes ou encore la Gare Saint-Sauveur à Lille qui permettent une mutualisation des moyens. « L’association des acteurs n’est pas récente. Ce qui est nouveau, c’est le degré auquel cela se fait. On le sait, l’union fait la force. Dans ces cas, est-ce qu’une vision collaborative peut être un facteur d’une pérennisation de différents projets ? ».

 

A Rouen, il y a le DATA – Domaine d’Activités Trans Artistiques – un projet en pleine réflexion qui pourrait voir le jour en 2019. Le Data ne se veut pas seulement une réponse à un déficit de lieux de création artistique. Ce futur village sera pluridisciplinaire avec des activités certes culturelles mais créatives et commerciales. Il se veut un point de rencontre, une mise en réseau d’acteurs souhaitant vivre, avancer, créer ensemble. Quel but ? « Le Data aura un impact sur le développement économique, un impact positif et aussi un impact sociétal ». Manuel Chesneau et Stéphane Maunier réfléchissent à la manière dont les collectivités et les entreprises peuvent accompagner un tel projet, les acteurs locaux peuvent être des opérateurs. « La solution n’existe pas mais il est indispensable d’ouvrir le champ d’action ».