photo Jérémy Estève

photo Jérémy Estève

C’est un retour qui était attendu avec impatience. Celui de Ben l’Oncle Soul. Le chanteur a marqué fortement l’actualité musicale en 2010 et 2011. On a chanté et dansé sur Soulman qui a inondé les ondes. On a adoré ce groove et cette rythmique entrainante (plus de 450 000 exemplaires vendus et environ 300 dates de concert).

Benjamin Duterde a ensuite fait une pause, quelques belles rencontres. Le revoilà avec de chansons inédites, un groupe venant de San Francisco, Monophonics. Pour l’album, il faudra attendre le début de l’année prochaine.

Ben l’Oncle Soul est en résidence jusqu’au 17 octobre au Tétris au Havre pour répéter le nouveau show qui ouvre le festival Ouest Park. Il n’a certes pas le regard de Spike Lee mais les yeux rieurs d’un garçon qui savoure chaque instant. Entretien avec en fond sonore Otis Redding et James Brown.

 

 

Que travaillez-vous au Tétris ?

Nous sommes en train de monter le nouveau show, la nouvelle tournée et de finir de travailler les morceaux. 90 % de l’album est terminé. Je me suis laissé une marge de liberté. Cette semaine de résidence, cette tournée va nous influencer sur la manière dont un titre doit sonner, les chœurs ou la batterie doivent être enregistrés… Ce sont des choix artistiques.

 

Vous devez déjà avoir des envies.

Oui, j’ai des envies. Je suis déjà là où je voulais être. Etre dans les disques de mon enfance, ressentir la même sincérité, le même naturel.

 

Otis Redding fait-il partie de votre enfance ?

Oui, il fait partie de mon enfance. Ma mère est ultra fan d’Otis Redding. Dans le paysage musical de mon enfance, il y a de nombreux artistes qui sont dans la même démarche, la même lignée. Lorsqu’elle écoutait ces disques, je réagissais, je dansais. Comme c’est une mère attentionnée, elle passait la musique que j’aimais. Otis Blue est mon disque de chevet.

 

Quand avez-vous décidé de mettre fin à la première tournée ?

Quand j’en ai eu marre. Pour moi, ce n’était pas bon signe de ressentir cela à l’égard de morceaux que j’aimais, que j’avais pris le temps d’écrire et qui font partie de ma vie. A un moment, j’ai eu l’impression de chanter les chansons d’un autre. J’avais envie d’être ailleurs. Il était donc grand temps de faire de la musique, de repartir en quête.

 

Tout est allé très vite. Avez-vous eu le temps d’apprécier ces moments ?

Certainement pas à leur juste valeur parce que tout est allé trop vite. Il a fallu un an pour intégrer ce qu’il s’était passé. C’est une expérience hors du commun. Pendant ces deux ans et demi, on a pris énormément de plaisir, tout ce que l’on nous proposait. On a foncé. Il y avait une volonté de prendre la parole qui était intense.

 

Et quand tout s’est arrêté, qu’avez-vous ressenti ?

Je n’ai pas ressenti de peur, de vide. J’ai des amis, l’amour, des rêves… Tout cela m’a donné beaucoup d’énergie. Il était important de se poser – il fait faire attention à soi – et de s’interroger sur la suite. Je n’ai pas oublié que j’ai écrit à Tours avec mes potes. Je sortais des Beaux-Arts. On était des kiffeurs d’art, d’expos, de concerts, de littérature, de ciné. Si un jour, on m’avait dit que je serais écouté par tant de personnes, j’aurais dit : laissez-moi tranquille. Je me suis ensuite demandé comment continuer après un succès pareil. Quelle approche ? Quelle attitude ? C’est une responsabilité de dingue. Il y a eu beaucoup d’oreilles qui nous ont écoutés. Cela peut avoir une incidence magique.

 

Comment s’est faite la rencontre avec Monophonics ?

Je les ai découverts sur Internet. En les écoutant, j’étais persuadé que leur album datait des années soixante ou soixante-dix, maximum 1974 avec ce son et cette pochette psychédélique. Je suis allé les voir en concert et j’ai adoré. J’étais en transe. C’était toute la musique que j’aimais. On s’est ensuite rencontré et Miles le bassiste m’a dit : you’re Ben l’Oncle Soul. Il m’a expliqué que ses parents avaient acheté mon disque.

 

Est-ce complètement différent de travailler avec un groupe déjà constitué ?

Ça change tout. Je suis comme le chanteur de ce groupe. Il y a un échange intéressant entre nous. C’est une autre belle aventure.

 

  •  Jeudi 17 octobre à 20 heures sous chapiteau, fort de Tourneville au Havre.
    Autres infos sur www.benlonclesoul.com

 

Ouest Park…

C’est quatre jours de folie organisés par la Papa’s Production sous un grand chapiteau dressé au cœur du fort de Tourneville au Havre et au Tétris. Ouest Park marie les esthétiques, les genres, la musique et les arts numériques.

  • Jeudi 17 octobre :
    Ben l’Oncle Soul & Monophonics
    Kadebostany
    Le Chœur d’hommes d’Yport
    Akua Naru
    Elisa Do Brasil
    Oy
  • Vendredi 18 octobre :
    Asian Dub Fondation
    Sexy Sushi
    Lee « Scratch » Perry
    Melissa Laveaux
    Psykick Lyrikah
    Saint Lô
    Von Pariahs
  • Samedi 19 octobre :
    Assassin
    Patrice
    JC Satan
    The Excitements
    For The Hackers
    Dead Hippies
    Sibot & Toyota
  • Dimanche 20 octobre :
    Gomina
    The Footnotes
    The Perkins
    Jacobson
  •  Tarifs : 23 €, 20 € une soirée, 42 €, 36 € deux jours, 51 € les trois jours. Réservation à La Galerne au Havre, au Tétris et sur www.ouestpark.com