Philippe Torreton présente son dernier roman Jacques à la guerre (Plon) à L’Armitière mardi 4 septembre. L’auteur se met dans la peau d’un père. Le sien. Pour raconter les guerres et un peu plus. Pas seulement un roman.

photo Bruno Klein

Jacques à la guerre commence par une tragédie. De ces événements dont on ne sait qu’ils sont tragiques que plus tard, parce qu’ils marquent la fin d’une ère ; en l’occurrence, celle de l’insouciance. Un petit garçon sur le siège à côté de son père pour lui tout seul dans l’auto : ultime moment de bonheur. « C’est la dernière fois que la vie fut belle. » Car après c’est la guerre, la Seconde Guerre mondiale.

Philippe Torreton qui sera mardi 4 septembre à l’Armitière plante un décor qu’il connaît bien, celui de Rouen, autre fil rouge du roman. C’est à travers les yeux du fils qu’il va imaginer sa ville bientôt envahie puis occupée. « Cette guerre-là était rapide, plus rapide que sa sœur aînée ; à peine le matelas sur la carriole que les panzers étaient déjà là. » Les lecteurs rouennais s’y retrouveront facilement ; avec la peur au ventre, en plus. Car, dès le début du récit, le monde bascule et on ne peut plus se raccrocher à rien. Il va falloir faire avec.

Hommage à un père

Torreton va dès lors naviguer entre passé et présent. Cette vie d’homme qui va se forger, que le lecteur suit par bonds successifs et ce présent où le papa est sur son lit d’hôpital pour un voyage sans retour. L’occupation, la fin de la guerre, le « retour à la normale » tout relatif dans une ville écrasée sous les bombes… Puis l’incorporation pour un autre conflit, l’Indochine. Une autre guerre, une autre absurdité…

Entre lyrisme et prosaïsme voire langage familier, l’auteur s’enflamme, habité par son personnage, son propre père dont l’ombre ne cesse de planer à toutes les pages. Et qu’il remercie sobrement à la dernière page. Ultime hommage d’un père à son fils après 360 pages à la gloire d’un homme simple, honnête et droit.

Hervé Debruyne

 

  • Mardi 4 septembre à 18 heures à la librairie L’Armitière à Rouen. Entrée libre.