Ce sera la quatrième saison de David Bobée à la tête du centre dramatique national de Normandie Rouen. Donc, pour le directeur, un nouveau mandat qui commence avec un projet s’ouvrant davantage sur les différentes disciplines artistiques, notamment sur les arts plastiques. Le théâtre s’enrichit toujours de la danse, du cirque, du cinéma, de la vidéo, des arts visuels…  Mais pas seulement. David Bobée affine ses choix artistiques et donne au CDN une image qui lui ressemble encore plus. Le théâtre, comme tous les arts, a des enjeux. Le premier d’entre eux est certainement politique. « Nous avons besoin de retrouver du sens politique à ce que l’on fait, à ce que l’on vit, le sens du partage, de la fraternité. C’est important à un moment où la perte de sens fait naître la peur, la haine. Et le politique peut être fun, sexy, attractif. On peut le poser à un endroit vital et beau ».

Les spectacles de la saison 2017-2018 interrogent le présent. Comme Still in Paradise de Yan Duyvendak et Omar Ghayatt, performeurs suisse et égyptien, qui reviennent sur les pensées xénophobes. Jean-Pierre Baro porte un regard sur l’Afrique du Sud dans Disgrâce. . Il est question d’exil dans Frères de la compagnie Les Maladroits, de quête d’identité dans Pourama Pourama de Gurshad Shaheman. Les Héritiers font d’Andromaque un spectacle sur la solitude et le besoin d’imposer son ilmage. David Bobée retrouve l’ensemble musical Les Nouveaux Caractères et met en scène avec Caroline Mutel le Stabat Mater de Pergolese, une pièce pour dire la souffrance de l’humanité. Porter un regard sur le présent, c’est enfin parler du rôle des femmes. Léa Dant détourne les diverses images de la figure féminine dans Sous La Chair.

Toujours de l’amour

L’amour se décline de plusieurs façons lors de cette prochaine saison. C’est surtout l’amour passion qui a inspiré les artistes. Celui qui peut aller jusqu’à détruire un couple. Démons de Lorraine de Sagazan raconte l’affrontement, autant physique que verbal, entre un homme et une femme. Quant à Montres d’amour (Je vais te donner une bonne raison de crier), cette pièce de Rebecca Chaillon, comédienne et performeuse, explore l’amour cannibale. Plus drôle, Nous avons la joie de vous annoncer notre divorce est un texte décalé sur les lourdes formalités administratives et les coûts. Toujours plus drôle et bien plus sulfureux, l’Opéraporno de Pierre Guillois qui signe une nouvelle comédie complètement explosive.

Autre thème : les monstres qui « sont en nous et ne viennent pas d’ailleurs », indique David Bobée. Des monstres comme Mohamed Merah dans Moi, la mort, je l’aime comme vous aimez la vie, un texte de Mohamed Kacimi qui fait polémique au festival d’Avignon. Comme Marc Dutroux dans Five Easy Pièces de Milo Rau pour aborder la question de la violence dans la société. Olivier Werner est joue un meurtrier dément dans La Pensée tout en tentant d’expliquer la raison de son acte.

Cette nouvelle saison va émouvoir et faire rire, inspirer de l’intelligence et exciter la curiosité. Jusqu’à, espérons-le, bousculer notre propre regard sur le présent.

 

  • Présentation de saison vendredi 22 septembre au théâtre de la Foudre à Petit-Quevilly. Entrée gratuite. Réservation au 02 35 70 22 82.
  • Programmation complète sur www.cdn-normandie.fr