C’est une des étapes de La Route du livre. Douze lieux ouverts à Rouen samedi 17 juin pour cette promenade ponctuée de bandes dessinées en tout genre. Steve Baker dédicace au Bazar du bizarre le premier tome de Bots, un album de science fiction signé avec le scénariste Aurélien Ducoudray. Bots, paru chez Ankama, se déroule sur une planète ravagée après une guerre entre robots. Trois d’entre eux, Rip-R, War-Hol et Snoop-I, tentent de survivre dans cet espace fumant. Un jour, ils découvrent un bébé… humain. Aurélien Ducoudray convainc avec un récit solide et plein d’émotion. Steve Baker donne à ses robots un aspect humain et un côté espiègle. Le deuxième tome sera en librairie à l’automne. Il reste encore 15 pages à réaliser au dessinateur qui enchaine ensuite le troisième volet tout en multipliant les illustrations et poursuivant sa série humoristique sur Carbone Ink.

Comment avez-vous abordé le deuxième tome de Bots ?

Avec beaucoup d’appréhension. Nous avions donné pas mal dans le premier tome dans lequel Aurélien avait évoqué ses préoccupations de futur père. Il y avait une dimension humaine originale. Dans le deuxième tome, il a exploré d’autres univers. Je pense que le lecteur va être un peu malmené. Il y a plus de suspense dans cet ouvrage.

Quels sujets sont abordés dans ce deuxième tome ?

Les robots ont été arrêtés. Il faut maintenant protéger l’enfant. Il y a ainsi des enjeux de survie.

Quelle approche avez-vous des robots ?

Ce n’est pas une approche très scientifique. Mes robots ne sont pas très réalistes mais, dans l’univers de Bots, ils prennent l’apparence d’humains. Peut-être va-t-on apprendre comment ces personnages ont pris leur place…

Aujourd’hui, les robots prennent des formes de plus en plus humaines. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Ce sont des questionnements intéressants, notamment celui de la transmission. Dans Bots, j’ai voulu des robots humains et je me surprends à m’attacher à ces personnages. Eux aussi sont plein de contrastes. C’est ce qu’est arrivé à faire Aurélien : il a créé de véritables personnages. Ce qui lui plaisait dans mon dessin, c’est ce côté non-réaliste, proche du cartoon.

Qu’est-ce qui vous amuse tout particulièrement dans cette série, Bots ?

Elle mêle pas mal de choses. Il y a un contexte tragique mais l’humour n’est pas absent. Aurélien met du fond dans son histoire. Je pense que le lecteur a de quoi se nourrir. Dans la forme, le découpage des chapitres est original et bouscule la narration. Ce qui permet de rompre la monotonie du récit et d’aborder des nouvelles interrogations. Ce sont des espaces nouveaux à explorer. Cela demande beaucoup de travail, de recherche.

Selon vous, pourquoi votre duo avec Aurélien Ducoudray fonctionne aussi bien ?

Je pense que nous partageons les mêmes centres d’intérêt, notamment les jeux avec des robots. Quand j’ai reçu le premier scénario, j’ai retrouvé mes premières lectures. J’ai beaucoup aimé. Dans notre travail, nous sommes aussi très complémentaires. Nous nous appelons toutes les semaines. En fait, je suis le premier lecteur et je le questionne sur l’histoire. Je repère les failles et nous en discutons. Même chose pour le dessin. Et nous trouvons les solutions très vite. Nous sommes très productifs. Cette série est une véritable collaboration.

 

Programme de La Route du livre à Rouen

  • Julien Hugonnard-Bert, Jean-Marie Minguez et Emem à  Lumière d’août
  • François Ravard à  Funambules
  • Agnès Maupré et Singeon au Grand Nulle Part
  • Bedouel cet Perna à  l’Armitière
  • Alain Penses aux Mondes magiques
  • Frizou et Ric-Rac chez Théo/Phil
  • Johann Charvel et Eric Héliot au Rêve de l’escalier
  • Stéphane Boutel et Olivier Petit aux Editions Petit à Petit
  • Jacky Clech et Gaëlle Levalet à l’atelier Terre et Feu
  • Steve Baker au Bazar du Bizarre
  • Florent Bance, Dimma Nott, Qu Hyphen au Café dessiné
  • Hugues Barthe, Céka, Julie Birmant et Clément Oubrerie au musée des Beaux-Arts