photo Romain Rouillé

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Au Secours ! Les Mots m’ont mangé… Tel est le titre de cette rencontre avec Bernard Pivot jeudi 24 mars à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Homme de télévision, il a été l’animateur des émissions Apostrophes et Bouillon de culture. Aujourd’hui, président de l’Académie Goncourt, il revient sur ces années passées au milieu des livres et des écrivains, sur cette vie si riche plongée dans les mots. Gagnez vos places en écrivant à relikto.contact@gmail.com

 

Est-ce que les mots sont les stars de votre spectacle ?

Oui absolument. Les vedettes sont les mots. Dans ce spectacle, un écrivain découvre qu’il est devenu le souffre-douleur des mots alors qu’ils étaient auparavant ses esclaves, ses amis, ses serviteurs.

 

Est-ce qu’il est facile de dompter les mots ?

On a toujours l’impression que l’on parvient à dompter les mots, qu’ils sont paisibles dans le dictionnaire. Or, ils sont mutins et viennent vous hanter la nuit. Jusqu’à vous en donner des cauchemars. Et la journée, ils peuvent aussi vous agacer. Pour un écrivain, ce n’est pas facile tous les jours. Les mots deviennent parfois une torture. Ils s’échappent, fuient, vous agressent. Il arrive qu’ils viennent vous faire des caresses, certes un peu hypocrites. Le peuple des mots est autant imprévisible que celui des êtres humains.

 

Avec eux, vous avez plutôt vécu des rêves ou des cauchemars ?

J’ai plutôt vécu des rêves. En fait, j’ai tout connu. Les mots deviennent pénibles quand vous les cherchez et que vous ne les trouvez pas. Ils se cachent, se déguisent. Et c’est très pénible. Surtout lorsque l’on vieillit. Et quand vous êtes enfant, ils vous posent des problèmes à cause de leur orthographe, de leur sens, de leur double sens et même de leur contre sens. Quel que soit l’âge, nous avons des rapports différents avec les mots, à la fois compliqués et délicieux.

 

C’est aussi une histoire sans fin.

Oui, on peut construire tellement de choses avec les mots. On écrit des livres. On construit des empires, des conversations. On rédige des lois… Il n’y a pas de pensée sans mots. Ni de philosophie. Ni de commerce. En fait, ils sont le centre de toutes les activités humaines.

 

Chaque matin, vous publiez sur votre compte Twitter. Vous utilisez les mots dans un format court.

C’est un vrai plaisir de résumer une pensée, un souvenir, une réflexion. C’est rapide. Il faut être vif. Cela me rappelle mon premier travail au Figaro lorsque je rédigeais les brèves, les échos. C’est là que j’ai appris à écrire de manière cursive et claire.

 

Que pensez-vous des récents débats sur l’orthographe ?

C’est un autre sujet. C’est à la fois bien et détestable. Au départ, il y a des rectifications de bon sens sur le redoublement des consonnes, le pluriel des mots composés… Puis, il y a toujours des ultras qui interviennent. Le retrait de l’accent circonflexe est stupide. Cela devient une transformation de la langue française.

 

Vous êtes un fan de football. Que pensez-vous du tirage au sort des quarts de finale de la Ligue des Champions ?

Je ne suis pas surpris. J’avais imaginé ce tirage. Pour les autres matches, on retrouvera Barcelone, le Real de Madrid, le Bayern de Munich et le PSG. Là, ce sera très compliqué.

 

 

  • Jeudi 24 mars à 20h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu. Tarifs : 20 €, 13 €. Réservation au 02 35 36 95 80 ou à espace-culturel@ville-canteleu.fr