Après Oblomov, présenté en début de saison, la scène nationale de Dieppe propose un autre projet artistique de Dorian Rossel. Avec sa compagnie STT, il met en scène le chef-d’œuvre de Jean Eustache, La Maman et la putain.

 

photo Nelly Rodriguez

photo Nelly Rodriguez

S’il fallait trouver un point commun entre Oblomov et Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir, ce serait une forme de contestation singulière d’êtres humains à la recherche de leur place dans la société. Après avoir pioché une matière théâtrale dans le roman de Gontcharov, Dorian Rossel a puisé dans le cinéma, dans une œuvre de Jean Eustache. Pour le metteur en scène de la compagnie STT, La Maman et la putain, réalisé en 1973, est « un film majeur », « une fulgurance vertigineuse », « le portrait d’une jeunesse d’une époque qui nous éclaire sur la nôtre. Le sentiment amoureux, la difficulté d’être restent des sujets intemporels ».

 

La Maman et la putain retrace les errances d’un jeune homme entre deux femmes, Marie et Veronika. Avec elles, il y a le champagne, la musique, les discussions sur le déclin des utopies et les jeux de l’amour. « Ces deux femmes qui entourent Alexandre sont à la fois simples et directes. Elles lui permettent d’aller au bout de son discours. Là, la carapace commence à se fissurer. Il y a un décalage entre le ressenti et la réalité ».

 

Sur scène, Dorian Rossel réunit trois comédiens et leur confie les mots de Jean Eustache, « un texte de feu, écrit à partir de la vie et de la passion ». C’est aussi le langage d’une époque. « On ne parle plus comme cela aujourd’hui et cela apporte quelque chose sur notre époque. Parce que l’on a perdu ces mots, que le vocabulaire s’appauvrit. Comme la pensée. Mais quel plaisir de l’entendre à nouveau ».

 

 

  • Mardi 2 février à 20 heures au Drakkar à Neuville-lès-Dieppe. Tarifs : de 22 à 7 €. Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn-asso.fr