Un Soir au jardin, ce sera du 17 au 25 juillet avec Akté. La compagnie havraise d’Anne-Sophie Pauchet lit la correspondance entre George Sand et Gustave Flaubert à l’orangerie du jardin des plantes à Rouen.

photo Wilfried Lamotte

George Sand et Gustave Flaubert ont entretenu une correspondance pendant de nombreuses années. Qui a écrit la première lettre ? C’est la romancière parisienne (1804-1876). Elle envoie quelques mots de réconfort à l’écrivain rouennais (1821-1880) après la parution de Salammbô, un livre, paru le 24 novembre 1862, qui a fait l’objet d’une polémique. Flaubert la remercie. Ils s’écriront environ 900 lettres jusqu’à la mort de George Sand.

« C’est une correspondances particulière parce que ce ne sont pas des échanges amoureux. Sand et Flaubert sont des amis. Ils s’écrivent et se voient régulièrement. Très vite, elle prend une figure maternelle. Elle a presque 20 ans de plus que lui et porte un autre regard sur les choses. Ils parlent d’écriture, de la nature et des rapports à l’écriture, des sujets, de politique… », remarque Anne-Sophie Pauchet. La comédienne et metteure en scène de la compagnie Akté présente en alternance avec Thomas Germaine et Vincent Fouquet du 17 au 25 juillet à Rouen cette correspondance en compagnie de la violoncelliste Caroline Tref.

Ces lettres dessinent aussi le portrait des deux écrivains. D’un côté, il y a un Flaubert, « voué à son œuvre. Pour lui, l’écriture est une sorte de sacerdoce. C’est un insatisfait qui peut passer des nuits sur des morceaux de chapitre, passe son temps à raturer. Il est un homme très seul qui vit à Croisset avec sa mère, un mélange d’humour et de dérision ». De l’autre, George Sand est égale à elle-même, une femme moderne. « L’écriture est une partie de sa vie. Elle a un autre rapport au corps, à la nature, à la famille… Elle lui écrit : nous sommes les deux travailleurs les plus différents du monde. Elle le soutient, l’encourage à continuer, à s’extraire de cette noirceur et à écrire sans souffrir ». Cette correspondance peint également la France de l’époque en pleine guerre contre la Prusse. George Sand et Gustave Flaubert évoquent les horreurs du conflit et aussi le rapport à l’argent, à la religion, à l’étranger. Avec cette Correspondance, Anne-Sophie Pauchet donne accès à l’intimité de deux écrivains et à la modernité de deux êtres.

  • Du 17 au 25 juillet, tous les jours, sauf le jeudi 19 juillet, à 21 heures, dimanche 22 juillet à 18 heures, à l’orangerie du jardin des plantes à Rouen. Tarifs : 10 €, 6 €. Réservation au 02 32 08 13 90 ou à culture@rouen.fr