En janvier au centre dramatique national de Haute-Normandie, c’est le Moi Shakespeare. Nathalie Béasse propose avec Roses une lecture personnelle de Richard III, une véritable tragédie familiale présentée mardi 26 et mercredi 27 janvier à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan.

 

photo Wilfried Thierry

photo Wilfried Thierry

Dans le travail de Nathalie Béasse, il y a une question récurrente. Comment un être humain s’arrange avec cette difficulté d’exister dans un groupe ? Avec Roses, elle va plus loin et s’interroge sur « la manière dont une personne peut avoir des déviances, passer du côté de la folie ». Roses, une pièce jouée mardi 26 et mercredi 27 janvier à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan, est une libre adaptation de Richard III de Shakespeare.

 

Cette œuvre du dramaturge anglais est le dernier épisode de la guerre des Deux Roses qui oppose les York et les Lancastre. Or, les vainqueurs vont se déchirer jusqu’à leur mort. Shakespeare fait là le portrait de Richard III, un personnage théâtral fascinant, un monstre d’une incroyable férocité qui broie autant les volontés que les êtres.

 

Dans Roses, Nathalie Béasse s’est intéressée à « tout ce qu’il y a autour de Richard III » pour se concentrer sur « les petites choses mesquines entre les personnages. En fait, je me suis dégagée du sens du texte pour le retrouver à travers des silences, dans les regards et les mouvements des comédiens. Je privilégie tout ce qui est symbolique ». Pas question de reprendre la pièce de Shakespeare telle qu’elle a été écrite. La metteure en scène préserve certes le fil narratif mais construit son histoire avec des fragments de texte.

 

Un rapport physique

Artiste plurielle, Nathalie Béasse propose des créations picturales. « Je viens des arts plastiques et du cinéma. L’aspect visuel est primordial. Je veux amener des sensations, des émotions, être toujours dans le sensible ». Il y a donc un véritable travail sur le langage des corps, pour écrire une pièce organique, instinctive. Cela passe par « une écriture de plateau. J’ai des carnets avec des scènes écrites mais je suis très attentive à l’accident. Je suis dans l’hyperobservation. Pour chaque création, nous commençons avec les costumes, les décors, la couleur… Tout l’univers plastique est présent ». Pour Roses, seulement une grande table, un pendillon et sept comédiens pour évoquer le rapport entre Richard III et sa famille. « Je ne travaille pas le personnage, l’individu. Je fais en sorte de transcender ce qu’ils sont pour être dans un rapport simple quotidien, dans l’instant présent ».

 

 

 

 

  • Mardi 26 et mercredi 27 janvier à 20 heures à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan. Tarifs : 14 €, 9 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 03 29 78 ou sur www.cdn-hautenormandie.fr