Le récit de Petit Eyolf, une des dernières pièces d’Ibsen, est un roman initiatique dont s’est emparé Julie Berès. La metteure en scène des Cambrioleurs aborde ce texte avec son langage pluriel pour créer un spectacle universel et onirique. Petit Eyolf est interprété mercredi 18 et jeudi 19 février au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly.

 

photo Tristan-Jeanne-Valès

photo Tristan-Jeanne-Valès

Les spectacles de Julie Berès sont comme des témoignages. Pour cette jeune metteure en scène, « le réel est le déclencheur d’une fiction ». Dans ses créations, elle a traversé divers sujets contemporains comme la perte de mémoire, la bioéthique… Avec Petit Eyolf, Julie Berès aborde la souffrance liée à la perte d’un enfant. Elle ancre le texte d’Ibsen dans notre époque grâce à une nouvelle traduction d’Alice Zeniter. « Au centre de ce drame, il y a la thématique de l’homme moderne individualiste, en quête de sens. Ibsen est un auteur qui parvient à ressentir autant de paradoxes, de névroses et de contradictions chez l’être humain ».

 

Petit Eyolf est un enfant handicapé de 11 ans qui a essayé de trouver une place et de la chaleur auprès de sa mère, plutôt égocentrique. Quant à son père, il a oublié pendant plusieurs années. Aujourd’hui, cet homme, philosophe, n’arrive plus à désirer, à écrire et renonce à son livre pour se consacrer entièrement à son fils. La Dame aux rats, personnage fantasmagorique, vient chercher cet enfant. « Il y a une dimension mythologique et même psychanalytique dans cette pièce. Quelle responsabilité a-t-on auprès des autres ? »

 

La culpabilité est aussi au centre de ce texte d’Ibsen. Dans l’histoire de Petit Eyolf, les parents payent le prix de leur faute. Leur garçon est tombé quand il avait 9 mois alors qu’ils étaient en train de faire l’amour. Le père et la mère portent ce drame qui a conduit inévitablement à l’éclatement de la cellule familiale et à une ambiance quelque peu étrange.

 

Julie Berès apporte une dimension onirique à cette pièce en confiant le rôle de l’enfant à une circassienne et en intégrant la danse. « Les artistes doivent raconter des choses avec leur corps et sans les mots » afin de donner une portée universelle à ses créations. Avec Julie Berès, Petit Eyolf devient un spectacle aux atmosphères flottantes tels les sentiments éprouvés après la perte d’un être cher.

 

  • Mercredi 18 et jeudi 19 février à 20 heures au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly. Tarifs : 18 €, 13 €. Réservation au 02 35 03 29 78 ou sur www.cdn-hautenormandie.fr