Le voilà conférencier… Fabrice Adde vient parler de la prise de parole en public du 15 au 19 janvier au Volcan au Havre. Un prétexte pour faire son 14 Juillet et traverser avec un humour bien personnel et une grande sincérité une multitude de sujets.

« Ma vie, mon œuvre, c’est pas mon truc ». Parler de « ma belle-mère ou des pizzas », encore moins. De l’actualité ? « Il n’y a rien qui m’ennuie le plus. D’autant que l’on prêche à des convaincus ». Fabrice Adde est seul en scène dans ce 14 Juillet qu’il joue du mardi 15 au samedi 19 janvier au Volcan au Havre. Un titre quelque peu énigmatique puisque le comédien n’est pas là pour retracer les épisodes de la révolution française. Néanmoins, un 14 juillet a été déterminant dans la vie de Fabrice Adde.

14 Juillet a commencé avec Olivier Lopez en 2014. Les deux hommes se connaissent bien. Ils sont Normands. Fabrice Adde, originaire de Muneville-le Bingard dans la Manche, a fait partie de la première promotion d’acteurs de l’école fondée par le metteur en scène de la compagnie Actéa à Caen. Le spectacle est le fruit d’une écriture de plateau. « J’étais face à Olivier et il me disait : vas-y, raconte-moi ton enfance, ton rapport au théâtre… J’improvisais. On filmait. On faisait des montages. La trame du spectacle est vraiment venue au bout de la onzième représentation ».

La trame donc : Fabrice Adde joue Jacky Sauvage, un conférencier, spécialiste de la prise de parole en public. Même pour ce personnage a priori expert en la matière, ce n’est pas toujours simple de parler devant des spectateurs. Alors les sujets s’emmêlent, les phrases se terminent en points de suspension et les erreurs de grammaire se multiplient. 

Un prétexte pour rendre un hommage au théâtre, pour parler de lui, de la place du comédien et de tout ce qui peut lui passer par la tête. Au milieu de cette conversation, le comédien partage des textes de Claudel, de Jouvet, de Gabily, de Calderón. « C’est tellement beau le théâtre quand il surgit. Il y a une beauté dans le geste. Comme celui d’un enfant qui récite pour la première fois un poème. C’est hyper touchant ».

Rater avec élégance

Avec Fabrice Adde, tout n’est pas écrit ou figé. Même si une ligne directrice a été arrêtée, il faut se laisser une part d’improvisation pour être « en alerte, vivant. Je viens d’une culture populaire avec Coluche, Desproges. J’aime le rapport direct au public. Cela crée des matières uniques ».

Pour le comédien, chaque représentation est une prise de risque et être seul sur scène reste « une épreuve. Mais j’aime ça. Pour certains, c’est le cauchemar. Pour d’autres, c’est le rêve. Tu fais ce que tu veux. Et je m’offre ce luxe. À l’école, j’allais souvent au tableau. Je faisais rire. Un jour, mon prof d’allemand m’a même filmé. Cela m’a mis la puce à l’oreille ».

Fabrice Adde fait partie de ces comédiens aux grands ressorts comiques. Il y a du Albert Dupontel dans les intonations de voix de cet acteur qui excelle aussi au cinéma avec Bouli Lanners, Samuel Benchetrit, Arnaud Desplechin, Alejandro González, Pascal Chaumeil…  Il sait aller dans la démesure tout en restant juste. « Je n’essaie pas d’être beau, performant. Je suis même assez nul. Quand je rate, j’y vais à fond. Mais je rate avec beaucoup d’élégance ».

Infos pratiques

  • Mardi 15 janvier à 20h30, mercredi 16 et jeudi 17 janvier à 19h30, vendredi 18 janvier à 20h30 et samedi 19 janvier à 17 heures au Volcan au Havre.
  • Spectacle tout public à partir de 12 ans.
  • Tarifs : de 18 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com