Éric Lacascade poursuit son travail sur Maxime Gorki. Après Les Barbares et Les Estivants, le metteur en scène a choisi Les Bas-Fonds. Là, on rencontre des perdants magnifiques. C’est jeudi 25 et vendredi 26 janvier au CDN de Normandie Rouen.

 

photo Brigitte Enguérand

Éric Lacascade est revenu à Maxime Gorki. « Quand on est avec quelqu’un et qu’on l’aime, on n’a pas envie de le quitter. Maintenant, on se connaît. On a appris à s’apprivoiser. J’ai repéré les forces et les faiblesses. Au fil du temps, la relation se bonifie ». Il y a eu Les Barbares, créé dans la cour d’honneur du festival d’Avignon en 2006, Les Estivants au théâtre national de Bretagne en 2008. « J’ai beaucoup traité les problèmes des bourgeois et des petits bourgeois. J’ai eu envie d’aller dans un endroit plus risqué, plus ardu, plus âpre ».

Le metteur en scène est donc allé vers Les Bas-Fonds. Maxime Gorki croise des enjeux politiques, sociaux et humains dans cette pièce de 1902 qui se déroule dans une Russie proche de la Révolution. Dans une pension, une communauté de marginaux tentent de vivre, voire de survivre, après divers malheurs et dans une précarité totale. Il y a des luttes, des tensions, des passions… Quoi qu’il arrive, il faut rester debout avec toute l’énergie du désespoir. « Avec ce texte, on est traversé par ce qu’il se passe aujourd’hui : le drame des migrants, la précarité sociale… Comme tout le monde, je suis sensible à cela. Gorki, c’est un théâtre de combat. Pas de résistance. C’est un théâtre d’attaque dans les répliques, les rapports humains, les situations. Le texte est d’une violence cinglante. Ce sont les bas-fonds sociaux mais aussi de l’âme ».

Avec Les Bas-Fonds, Éric Lacascade retrouve une troupe de comédiens, fidèles à sa compagnie, et intègre la promotion de l’école du théâtre national de Bretagne. Avec eux, il crée un théâtre de chair « comme d’habitude. Nous avons travaillé sur les situations et non sur les personnages. On cherche, on invente les situations » pour être au Cœur du réel, titre du livre du metteur en scène. Le jeu des comédiens est inévitablement physique « comme la vie ».

  • Jeudi 25 et vendredi 26 janvier à 20 heures au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly.  Tarifs : 18 €, 13 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du vendredi 26 janvier