C’est la deuxième saison de L’Etincelle avec une programmation plus équilibrée entre la musique et le théâtre. La structure culturelle de la ville de Rouen s’étend en 2017 et 2018 sur quatre lieux : la chapelle Saint-Louis, la salle Louis-Jouvet, la chapelle Corneille et l’auditorium du conservatoire.

Après une première saison, il a fallu quelques ajustements. La programmation 2016-2017 de l’Etincelle, fruit de la fusion du Hangar 23, de la chapelle Saint-Louis et de la salle Louis-Jouvet, affichait des couleurs plutôt musicales. Pour la saison prochaine, la structure culturelle de la ville de Rouen fait davantage la part belle au théâtre. « Nous avions fait la synthèse des programmations des trois lieux avec une ligne artistique comprenant musique, danse et théâtre. Or, cela n’a pas été satisfaisant. Ceux qui aiment la danse ont trouvé qu’il n’y en avait pas assez. Idem pour le théâtre et la musique. Plutôt que de dire on maintient tout dans les mêmes proportions, on va opter pour des choix plus tranchés », explique Sébastien Lab, directeur de L’Etincelle.

L’objectif de la saison 2017-2018 : « satisfaire le public du théâtre. C’est l’historique de la chapelle Saint-Louis. La danse se trouve dans des proportions plus modestes. Les spectateurs pourront aller à l’Opéra, au Rive gauche ou à l’Arsenal et on l’assume ». 12 propositions théâtrales sont inscrites dans la saison de L’Etincelle et se retrouvent dans une thématique Comprendre le monde. « J’ai axé sur la création contemporaine et le renouvellement des dramaturgies », remarque Sébastien Lab. A l’affiche : l’adaptation du roman de Virginie Despentes, King Kong Théorie, par Emilie Chariot, le récit décalé du voyage touristique des Clownesses dans Bienvenue en Corée du Nord d’Olivier Lopez, une vraie-fausse conférence sur la Palestine d’Adeline Rosenstein, Qui suis-je ? sur la naissance du sentiment amoureux par Le Chat Foin ou encore Ogres sur l’homophobie par la compagnie des Ogres. Le festival Art et Déchirure s’installe en novembre 2017 à L’Etincelle avec trois spectacles : Abîmés par Joe, Jack et John, Kaspar et Juliette par la Troupe de l’Escouade et Un Batman dans ta tête d’Hélène Soulié. Comme la saison dernière, L’Etincelle accueille des artistes en résidence : une vingtaine chaque année. « Nous reprenons les Esquisses », annonce Sébastien Lab. Ce sont des instants vivement attendus par les compagnies qui souhaitent présenter des étapes de travail ou des formes presque abouties.

La saison 2017-2018 compte 5 spectacles de danse très différents. Parmi eux : Hillel Kogan a imaginé une histoire grinçante dans We Love Arabs, une véritable satire politique. La compagnie étandonné revient dans sa ville avec Partition(s), une pièce profonde et drôle sur la notion de liberté. Delphine Caron s’interroge sur la transformation dans Line. Pichet Klunchun et Olé Khamchanla mêlent la culture thaïlandaise et le hip-hop dans Negociation.

Pour la musique, le public devra se partager entre la chapelle Corneille et l’auditorium du conservatoire de Rouen. « Nous avons écouté les retours du public. Nous avons donc gardé la dimension jazz adaptée aux conditions acoustiques de Corneille ». A noter : Rocío Márquez et Fahmi Alqhai font se rencontrer le flamenco et la musique baroque. L’ensemble Variances de Thierry Pérou vient la chapelle Corneille Le Temps d’un tango. C’est une affiche très large que propose L’Etincelle avec diverses musiques de jazz, des projets singuliers et de très belles voix, comme celle de Carla Pires, Souad Massi, Youn Sun Nah, Madeleine Peyroux.