paul moulenesLa Traverse a un nouveau directeur. Paul Moulènes remplace Marc Bourreau qui a dirigé la salle de Cléon pendant 21 ans. Il ne découvre pas la Traverse puisqu’il y est arrivé en tant qu’administrateur en 2008 après avoir travaillé pour une compagnie de cirque, le collectif AOC implanté à Reims.

 

Pourquoi aviez-vous choisi d’intégrer une salle il y a six ans ?

Avec une compagnie, on est sans cesse en tournée. Dans le domaine de la gestion, de la production et de l’administration, on est seul. J’avais envie de me poser dans une salle, d’être de l’autre côté du miroir et de mener un travail d’équipe. Ce qui est très enrichissant. De plus, une salle est ancrée dans un territoire. Quant à la Traverse, elle a une identité forte et des capacités de développement.

 

Comment définiriez-vous cette identité ?

La Traverse, connue et reconnue par le public, diffuse des musiques de caractère issues de la culture afro-américaine du XXe siècle. Il y a le blues et toutes les musiques qui ont succédé. Il y a aussi le rock et le hip-hop, un style auquel la salle s’intéresse depuis plusieurs saisons. Le courant musical n’a cessé de s’élargir ces dernières années.

 

Quel est votre projet en tant que directeur ?

Le projet s’appuie sur ce caractère bien identifié, le blues vintage des années 1960 et 1970. Nous l’affirmerons encore et nous allons le faire vivre de façon différente, ouvrir la salle à d’autres publics, soutenir des groupes, travailler avec les populations qui nous environnent, sur des productions bien spécifiques. La ligne artistique reste la même. Nous allons néanmoins accentuer la mise en valeur d’esthétiques actuelles. La Traverse doit enfin exister à l’échelle de la métropole.

 

Qu’envisagez-vous pour la danse ?

J’ai envie de développer la danse. Nous avons un temps fort sur la danse urbaine à la fin de l’été. Nous pouvons encore ouvrir La Traverse à des compagnies pour des résidences et la diffusion de spectacles.

 

Et le théâtre ?

C’est une action assez circonscrite. Les pièces de théâtre sont des commandes de la ville de Cléon pour clore la Semaine bleue. C’est un axe à redéfinir. Pourquoi ne pas aller vers un théâtre de répertoire, y compris avec des compagnies de la région ?

 

Comment pouvez accompagner les groupes de musique de la région ?

Nous aimerions pouvoir les accompagner de manière plus importante. Il y a tout d’abord le tremplin du Blues de Traverse qui permet de programmer en première partie des groupes bénéficiant d’une résidence technique. Nous espérons pouvoir étendre ces périodes de travail, de développer un lien avec le studio du centre Boby-Lapointe à Cléon.

 

Dans la deuxième partie de saison, la programmation est déjà plus large.

Il y a notamment la venue d’Elodie Frégé. La Traverse a programmé de la chanson française. Elle a accueilli il y a longtemps Miossec, Clarika, La Grande Sophie… Cela fait partie du projet d’ouverture vers d’autres courants musicaux. Nous resterons toujours attentifs à la qualité artistique et nous voulons faire connaître notre salle à un autre public.

 

  • Toute la programmation de la Traverse : ici