DATA ou Domaine d’activités transartistiques : c’est le projet d’un lieu de création collectif à Rouen que portent le Kalif et le collectif 99 à Rouen.

 

image dataL’échéance est encore loin. Certainement pas avant 2019. Et l’idée reste encore à l’état de projet. Mais lorsqu’ils abordent le sujet, Stéphane Maunier et Manuel Chesneau ont des étoiles dans les yeux et affichent un large sourire. Le DATA ou Domaine d’activités transartistiques  c’est leur bébé à tous les deux et ils mettent un bon paquet d’énergie pour le voir grandir.

 

Stéphane Maunier est directeur du Kalif, une structure rouennaise qui va fêter ses 20 ans. Le Kalif, c’est six studios de répétition, un studio d’enregistrement, une salle de diffusion, une école, un collectif de graphistes… Aujourd’hui, il est à l’étroit dans ses locaux vieillissants et ne peut plus se développer. Manuel Chesneau est à la tête du collectif 99, créé en 2005 par les compagnies 14 :20, Acid Kostik, Les Raz’Bitumes et Provisoire. Il accueille également aujourd’hui Les Frères Georges, Magik Fabrik, Les Zoaques, La Magouille, Teste Duende, Lucien et Les Arpettes. Dans cette association se croisent le théâtre, la magie, le cirque, la danse, les talents et les savoir-faire. Étape essentielle dans la vie du 99 : étendre son réseau.

 

Le Kalif et le 99 ont les mêmes problématiques. Pourquoi ne pas se rapprocher ? Le premier objectif est de mutualiser les moyens pour effectuer des économies et envisager un futur de manière plus sereine. Pour Stéphane Maunier et Manuel Chesneau, leur réflexion va plus loin. Dans leur démarche, il y a une volonté de vivre ensemble et surtout de créer ensemble et avec d’autres structures culturelles ou pas. « Nous souhaitons proposer un lieu à des structures qui ont des besoins et des envies ».

 

Quatre pôles

Le DATA est à imaginer comme un village, bien évidemment ouvert sur la cité, avec différents pôles. « Nous voulons décloisonner les champs culturels ». Un premier pôle est consacré à la création, l’innovation et la recherche avec des studios de répétition, des espaces de travail pour les compagnies et des entreprises, des laboratoires. Dans le pôle de transmission, il est prévu une école, celle du Kalif, des ateliers. Le DATA aura aussi ses bureaux pour tous les acteurs locaux. Dernière partie : le pôle d’activité économique avec des activités relevant de l’économie créative, de l’art ou de l’artisanat.

 

A l’image du Cent Quatre à Paris, de la Belle de Mai à Marseille, du Lieu Unique à Nantes, le DATA se veut « être un facilitateur » pour les artistes de la région et s’inscrit dans une démarche d’économie sociale et solidaire. Pour finaliser ce projet qui s’étendra sur environ 5 000 m2, idéalement sur l’axe de la Seine, Stéphane Maunier et Manuel Chesneau souhaitent partager leurs idées avec tout citoyen. Chacun peut participer à la réflexion et aussi au financement du projet.

 

Les deux complices entament une étape décisive : l’étude de faisabilité. « Elle doit déterminer la viabilité du projet ». Conclusion : été 2016.