Dix œuvres contemporaines d’artistes britanniques, issues de la collection Pinault, ponctuent avec So British ! le parcours permanent du musée des Beaux-Arts à Rouen. À voir jusqu’au 11 mai 2020.

Cette exposition est une suite de dialogues. Elle met en regard deux œuvres : la première, classique, présentée dans le parcours permanent du musée des Beaux-Arts à Rouen, et la seconde, contemporaine, provenant de la collection Pinault. Visible jusqu’au 11 mai 2020, So British ! confronte les approches de thèmes traditionnels dans l’art comme le paysage, le portrait, la nature morte, la vanité… 

Pour cette promenade en dix étapes, Sylvain Amic, directeur de la Réunion des musées métropolitains, s’est avant tout intéressé aux artistes britanniques de la collection Pinault, très peu exposés. Une façon aussi de rappeler « les liens historiques entre la Normandie et l’Angleterre depuis le Moyen Âge ». 

Cry, une création de Gilbert & George de 1984, vient dialoguer avec un vitrail de l’église Saint-Vincent, représentant Le Jugement dernier réalisé vers 1500-1510. Les deux artistes britanniques, Gilbert Prousch et George Passmore, forment un duo depuis leur rencontre à la Saint Martin’s School of art à Londres en 1967 et ont l’habitude de se mettre en scène. Cry est un collage de photographies avec, au premier plan, George, et à l’arrière, le visage de Gilbert, la bouche ouverte pour lancer un cri. Chacune des œuvres de Gilbert Prousch et George Passmore est imaginée comme un écho aux phénomènes sociaux d’aujourd’hui. Quel est le lien entre Cry et Le Jugement dernier ? L’œuvre de Gilbert & George est une grille orthogonale composée de 9 cadres délimités par des cernes noirs, avec des couleurs vives (bleu, rouge, vert). Semblable au vitrail avec ses lignes de plomb et ses verres colorés. 

Des réinterprétations

Autre œuvre : Pietà (The Empire never ended), plus dérangeante et troublante par son réalisme. Paul Fryer qui a reçu une éducation religieuse installe le Christ mort, en cire, sur une chaise électrique. Pietà (The Empire never ended) est d’une immense violence. Comme la plupart des représentations de scènes religieuses dramatiques. Là, la sculpture est posée au centre d’images de martyrs, dont Saint André au tombeau de Jean-Baptiste Deshays (1758). Paul Fryer va plus loin. Le corps du Christ blessé sur cette chaise en bois interroge les supplices d’aujourd’hui et les recours à la peine de mort.

Dans ce parcours So British !, il y a également Damien Hirst avec Dark Soul et ce papillon aux couleurs chatoyantes, métaphore de l’âme humaine, sur un fond noir, David Nash avec Three Charred Crosses. Dans Phylogenetic, Ziegler Toby reprend des compositions classiques pour les déconstruire. Des portraits avec Lynette Yiadom-Boakye dans le triptyque Uncle of garden et une scène historique, Re-Enactment Society, avec Jonathan Wateridge qui « copie » un genre académique. De la brutalité toujours avec Thomas Houseago cherchant à se libérer de toute contrainte dans Bottle II. The Bigger Picture Emerges de Keith Tyson est une « énigme » à résoudre. Enfin, Nigel Cooke, auteur d’une thèse sur « la mort de la peinture », revient sur la tradition picturale et sa fonction. 1989 est le fruit d’une réflexion sur la manière dont l’art aborde le monde.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 11 mai 2020, tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 18 heures, au musée des Beaux-Arts à Rouen.
  • Entrée gratuite.
  • Renseignements au 02 35 71 28 40 ou sur www.mbarouen.fr