photo Pierre Terdjman

Elle est une pianiste virtuose, se promène avec gourmandise dans tous les répertoires et n’a cessé de multiplier les collaborations. Il est dj, producteur de musiques électroniques. Vanessa Wagner et Fernando Corona, aka Murcof, se retrouvent depuis 2010 pour réinterpréter des partitions de musique minimaliste. Ils sculptent ensemble à leur manière les sons de pièces de Satie, Cage, Richter, de Nyman, Susman, Mertens… Il y a eu un premier album Statea (équilibre en italien ancien). Un deuxième est en préparation. Vanessa Wagner et Murcof sont à la chapelle Corneille à Rouen mardi 27 novembre. Entretien avec la pianiste.

Après le Statea, il y a un Statea II. Qu’est-ce qui a motivé la poursuite de la collaboration avec Murcof ?

Nous avons eu envie de poursuivre ce travail ensemble. Il ya encore des terrains à défricher. Le premier disque a été très, très bien reçu. Il a en effet apporté quelque chose de nouveau dans le paysage musical. Les retours ont été très forts. C’est une confirmation positive d’un programme qui a quelque chose en plus.

Quel choix avez-vous fait pour le deuxième album ?

Pour le premier album, nous avons choisi des classiques des compositeurs minimalistes. Nous allons piocher dans des répertoires plus récents, dans des raretés. Le traitement électronique sera différent.

Pourquoi la musique minimaliste est la plus adaptée à ce travail ?

C’est tout d’abord un répertoire que j’adore. Je pense que la musique minimaliste, liée à la musique répétitive d’aujourd’hui, est prête pour une rencontre avec l’electro. Nous sommes dans une vraie cohérence.

Qu’aimez-vous dans cette musique minimaliste ?

J’aime le rapport au temps, le côté répétitif et méditatif. Ce n’est pas une musique tape-à-l’œil. Elle m’apaise. Elle n’est pas seulement faite pour des séances de yoga. Elle appelle d’autres sentiments. L’interprète doit être davantage motivé par autre chose que la virtuosité. Il y a une émotion à faire resurgir. Il faut se mettre dans un état méditatif. 

Est-ce toutes ces collaborations vous permettent de trouver un équilibre dans votre vie d’interprète ?

Absolument. Tout cela m’apporte non seulement de l’équilibre mais de la liberté, de la joie. J’ai un grand plaisir à faire ce métier qui demande curiosité et inventivité. Il m’est nécessaire de prendre différents chemins. Il y a une question qui revient sans cesse : qu’est-ce être musicien aujourd’hui ? Faut-il rester sur des traces ou dessiner son propre chemin ? J’ai choisi mon camp. Je revendique cet esprit de curiosité. Mener différents projets fait partie de ma carrière. Trouver de nouvelles idées de collaborations a autant de sens que courir les concerts.

 

 

Est-ce difficile de s’inventer des chemins ?

Il y a un prix à payer mais je n’ai jamais été plus heureuse dans mon métier que maintenant. Il y a certes des moments plus durs que d’autres mais je pense qu’un artiste n’est pas là pour porter seulement des projets consensuels ou pour plaire à tout le monde. Heureusement, les frontières entre les genres tendance à s’assouplir. Je n’aurais jamais pu créer ce projet il y a vingt ans. Aujourd’hui, les salles sont même en demande et un nouveau public navigue entre les mondes. Il faut que les gens puissent aller écouter Satie, Debussy, Mozart, Schubert… Je passe ma vie à écouter des musiques différentes et j’adore ça.  J’ai trouvé ma voie.

Pourquoi était-ce évident avec Murcof ?

La rencontre avec lui a été déterminante dans ma carrière. C’est un très grand magicien du son. Ce projet est arrivé après des résidences, après un travail avec des vidéastes, Ravel Landscapes. J’écoute aussi beaucoup de musique électronique depuis longtemps. Notre projet paraissait évident.

Quelle place donnez-vous encore à votre vie de militante ?

C’est aussi un autre choix de carrière. Cette vie tient une place importante. Il y a des périodes durant lesquelles je n’arrête pas. Je ressens ensuite le besoin de me ressourcer, d’avoir un rapport avec la nature, de retrouver ma famille. Je ne peux pas enchaîner des choses qui n’ont pas de sens…. Tout cela est la clé d’une vie riche et profonde. Par ailleurs, je n’arrive pas à être indifférente à tout ce qui se passe. J’essaie de faire cohabiter tout cela. Ce qui me permet de trouver mon équilibre. J’ai besoin de cette vie militante. C’est dans ma nature; Je suis faite comme ça.

 

Infos pratiques

  • Mardi 27 novembre à 20 heures à la chapelle Corneille à Rouen.
  • Tarifs : de 21 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr

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