Son prénom et son nom sont attachés à des aventures collectives, comme FFF, Mud ou Black Minou, aux parcours artistiques de Winston McAnuff, Camille Bazbaz et bien évidemment Johnny Hallyday dont il était le directeur musical. Toutes ces expériences ont donné des ailes à Yarol Poupaud. Le guitariste signe son premier album, Yarol, sorti en février 2019 avec 14 titres, enregistrés entre Paris et Londres, très rock aux couleurs soul et funk. Yarol Poupaud sera samedi 2 février à La Traverse à Cléon. Entretien.

Vous sortez votre premier album. Pourquoi seulement maintenant ?

Pendant tout ce temps, j’ai été pas mal occupé. Puis, à un moment, je me suis retrouvé avec plusieurs chansons. Un studio m’a fait de l’œil. J’y suis allé avec des musiciens sans avoir une idée précise. J’avais juste envie d’enregistrer ces titres. Plus je travaillais ces morceaux, plus j’avançais et plus je me reconnaissais dedans. Toutes ces chansons me ressemblaient et formaient un tout. Certains d’entre elles ont été écrites il y a trois ou quatre ans. D’autres, dans la foulée de l’enregistrement. C’est un petit patchwork.

Rien n’a été prémédité ?

Non, j’ai juste envie de faire de la musique qui me ressemble. Mon identité première, c’est le rock et la musique électrique, la soul, le funk et la musique africaine.

Est-ce le rock qui vous donne le plus d’énergie ?

Le rock, c’est dangereux, sauvage. C’est une prise de risque, une manière de se jeter dans la gueule du loup. On est sans filet. J’aime ce côté animal.

Cet album s’appelle Yarol. Est-ce un autoportrait ?

C’est peut-être un grand mot. En tout cas, je ne l’ai pas conçu comme cela. J’ai écrit. Puis, j’ai pris un peu de recul et je me suis rendu compte que cet album me correspondait complètement.

L’écriture est un exercice que vous appréciez tout particulièrement ?

Oui, j’adore ça. J’écris les paroles en même temps que la musique. Quand j’écris des textes, ce sont des mots en anglais qui me viennent. J’ai la chance de parler pas trop mal en anglais. J’ai jeté en vrac sur du papier des couplets et demandé à Paddy Sherlock, un ami irlandais de me corriger. Je ne voulais pas un anglais trop scolaire, cache-misère, avec des fautes. Il a aussi apporté des images dans les textes. Cela m’a permis d’aller plus loin dans l’écriture. 

Vous avez fait appel à Benjamin Biolay pour Sale et Corine pour Girls.

Benjamin Biolay est un ami de mon frère (Melvil Poupaud, comédien, ndlr). J’aime beaucoup son écriture. Dans cet album, j’ai eu envie d’avoir des chansons en français. Benjamin est la première personne que j’ai appelée. Il m’a envoyé un texte. J’ai lu et je l’ai enregistré. Après un premier contact, Corine m’a rappelé en me disant : j’ai une idée. Elle a écrit Girls.

Comment avez-vous abordé le chant ?

Je chante depuis ma collaboration avec Mud. Sur scène, je n’étais pas devant. Là, ce n’est pas la même sensation. C’est une vraie prise de risque. En fait, chanter, j’adore ça aussi.

Comment vos différentes collaborations ont-elles nourri cet album ?

Avec FFF, il y a eu le goût pour le funk, cette musique pour danser. Johnny Hallyday m’a nourri de son énergie. Je suis aussi allé à Kinshasa, en Jamaïque… J’ai pris des leçons incroyables avec tous ces musiciens.

Infos pratiques

  • Samedi 2 mars à 20h30 à La Traverse à Cléon.
  • Première partie : Jewly
  • Tarifs : 20 €, 17 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 81 25 25 ou sur www.latraverse.org