un obus partoutZaven Najjar a un univers très personnel, à la fois graphique, sensible et poétique. Réalisateur, illustrateur, il s’est fait connaître avec la série Rapposters, avec le projet Pharapops. Le festival Courtivore qui se poursuit mercredi 18 mai à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan a sélectionné son premier court-métrage d’animation, Un Obus partout, un film étonnant avec un parti-pris radical. En 1982, le Liban est dévasté par la guerre civile. La ville de Beyrouth est coupée en deux. Gabriel veut voir Houda, sa fiancée qui habite de l’autre côté du pont gardé par des francs-tireurs. Ce soir-là, c’est le match d’ouverture de la coupe du monde de football qui oppose l’Argentine à la Belgique. Tous les habitants attendent cette rencontre avec impatience. C’est le moment de traverser le pont… Interview avec Zaven Najjar.

 

Y a-t-il dans ce film une partie de l’histoire de votre famille ?

Une bonne partie de ma famille habite au Liban. J’ai grandi avec des histoires aigres-douces comme celle-ci. Un Obus partout est aussi une adaptation de deux nouvelles écrites par Alexandre Najjar dans L’École de la guerre. J’ai mélangé tout cela.

 

Pourquoi un film d’animation ?

C’est mon mode d’expression. Je traduis le monde par des dessins. Réaliser un film d’animation permet de donner à l’histoire un côté graphique pour ôter toute forme de réalisme. Sans occulter le côté brutal. Un Obus partout devient alors un conte.

 

Vous avez utilisé uniquement les couleurs des maillots des deux équipes de football. Pourquoi cette contrainte ?

Je ne voulais d’images clichés parce que nous sommes là dans une situation d’urgence. Dans ce cas, nous ne sommes pas dans un monde ordinaire. On est dans une vie en négatif. Je voulais être aussi assez conceptuel sur l’ensemble.

 

Des personnages, on aperçoit seulement leur silhouette.

J’ai dessiné les traits principaux avec les cheveux, les sourcils, les grosses lunettes pour Gabriel. Les personnages sont comme des souvenirs.

 

Vous opposez deux ambiances : celle de la guerre et cette d’un match de football.

Dans ce film, je montre des moments de vie qui peuvent basculer. Chaque personnage cherche un moment de vie normal. Pour Gabriel, cela devient héroïque parce qu’il peut vivre l’horreur. Pour les francs-tireurs, c’est la même chose. Ils sont dans leur rôle mais aspirent à une autre vie.

 

Êtes-vous un fan de Maradona ?

Oui même s’il ne fait pas partie de ma génération. C’est un homme qui a réussi à faire un pied de nez politique à l’Occident. Il a connu la gloire, la déchéance. Il a une vie romanesque. Dans le film, je reprends la véritable action, ce tacle. Symboliquement, c’est fort.

 

 

 

Le Courtivore

  • Mercredi 18 mai à 20 heures : acte II à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan
  • Samedi 21 mai à 20 heures : soirée clips et jeux vidéos au Kalif à Rouen
  • Mercredi 25 mai à 20 heures : acte III à l’Ariel à Mont-Saint-Aignan
  • Mercredi 1er juin à 14 heures : le Courtivore en short à l’Omnia à Rouen
  • Mercredi 1er juin à 20 heures : Ciné-toile au musée des Beaux-Arts à Rouen (gratuit)
  • Vendredi 3 juin à 20 heures : finale à l’Omnia à Rouen

 

Tarif : 3 €, 8 € le Pass festival.

Programmation complète sur www.courtivore.com

Lire également les articles sur la présentation du festival, Michael Le Meur et Florent Woods Dubois