Il y a des titres qui résonnent encore… Zobie la mouche, Voilà L’Été, Sous Le Soleil de Bodega, Famille heureuse… Toutes signées par Les Négresses vertes, groupe de rock alternatif formé en 1987. Il y a eu des moments de folie, de joie et aussi des instants douloureux avec la disparition du chanteur Helno en 1993. La formation tente néanmoins de rester debout, explorent toujours de nouveaux univers jusqu’à la séparation en 2001. Les Négresses vertes se sont reformées pour fêter les 30 ans de leur album Mlah et seront en concert jeudi 31 janvier au 106 à Rouen. Entretien avec Stéphane Mellino.

Comment les chansons des Négresses vertes vous parlent aujourd’hui ?

Elles nous parlent toujours et redonnent surtout l’énergie qu’elles avaient. Elles ont fondé notre histoire. Ce ne sont pas des chansons que nous pouvons chanter à moitié. Il faut de l’énergie pour qu’elles soient crédibles. Les concerts sont comme un grand bain de jouvence. C’est une évidence pour nous. Ces chansons rappellent aussi cette chose qui nous a dépassés. C’est réjouissant d’entendre tous les étés à la radio le titre Voilà l’Été.

Qu’avez-vous ressenti quand vous vous êtes tous retrouvés ?

Le vrai ciment, ce sont les chansons. Et ce, au-delà de l’amitié, de la fraternité, de l’alchimie musicale. C’est le ciment de notre histoire. Quand nous avons repris les chansons, nous avions envie de les laisser dans leur jus. Cela n’aurait pas marché de les mettre au goût du jour. Il faut avant tout l’énergie.

Et l’énergie était intacte.

Je pourrais dire : c’est comme le vélo… Quand on a commencé à répéter il y a un an, tout s’est réactivé. Nous avions les yeux qui brillaient. C’était incroyable. En fait, c’est une histoire que nous reprenons à un endroit où nous l’avions laissée.

Est-ce qu’elle vous manquait ?

Oui et non. Ce qui nous manquait, c’est cette forme de folie totale qui nous a dépassés. Après les premiers concerts, nous nous sommes rendus compte qu’elle était encore intacte aujourd’hui. Nous ne sommes pas revenus pour montrer : vous allez voir ce que vous allez voir. Se retrouver ensemble et retrouver un public n’est jamais gagné. En restant au plus près de ce qui a fait notre succès, le public a pu à nouveau s’emparer des chansons. Comme à l’époque.

L’esprit Do It Yourself des Négresses vertes plaisait aussi beaucoup.

C’était tout l’esprit des Négresses vertes. On sortait de groupes punk. On était dans un mouvement alternatif. On a remplacé les guitares électriques par les guitares sèches. On a ajouté de l’accordéon. On a exploré divers courants musicaux. On y a mis toute notre énergie. Et cela a fait quelque d’unique.

Que représente Zobi la mouche dans l’histoire des Négresses vertes ?

C’est le premier titre qui nous constitue. Helno est arrivé avec ce texte. J’y ai accolé un rythme binaire, un peu de rumba, de musique gitane. Zobi la mouche est notre manifeste, notre cri de guerre.

Helno est-il toujours aussi présent dans l’esprit du groupe ?

Il est toujours là. Il nous influence beaucoup. Nous n’avons jamais voulu faire d’hommage mortifère. Nous avons juste continuer à vivre, à exister. Malgré sa disparition. Et c’est douloureux.

Quelle suite voulez-vous donner aux Négresses vertes ?

Nous n’avons pas de projet. Nous ne sommes pas dit : on se réunit, on écrit un album et on fait une tournée. Non, nous allons procéder par étape. Nous laissons venir l’inspiration et ce lien puissant qui nous unit.

Infos pratiques

  • Jeudi 31 janvier à 20 heures au 106 à Rouen.
  • Première partie : Arsène Lupunk
  • Tarifs : de 31 à 14,50 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com