photo Bernard Benant

photo Bernard Benant

Des Petits Pas de danse pour le retour de Zebda. C’est festif, bigarré. Un titre taillé pour les soirées estivales. Zebda aime toujours faire la fête à coup de funk, de rock, de raï, de reggae. Il n’en oublie pas toute conscience politique. Artistes engagés, les membres de Zebda donnent de la voix lorsqu’il s’agit de pointer du doigt les inégalités, l’indifférence et de défendre la tolérance. Rencontre avec Magyd Cherfi avant le concert mercredi 11 juin à Grand-Quevilly.

 

 

 

 

Des pas de danse, une musique festive, un décor de discothèque… Avez-vous eu envie d’avoir la Fièvre du samedi soir ?

La fièvre du samedi soir, on peut la vivre de mille façons. Nous aimons temps en temps proposer des morceaux populaires. Comme toujours, je déboule avec les textes qui inspirent les musiciens. Et la musique funky, nous l’avons abordée plusieurs fois dans les albums.

 

Dans ce titre, Les Petits Pas, vous y allez avec gourmandise.

C’est vrai. Il y a quelques années, on aurait hésité. Plus on avance dans le temps, plus on se sent zen pour faire de telles choses. Lors des premières années de Zebda, il fallait que nous soyons fidèle à notre image, que l’on soit un groupe délivrant des messages. Il y avait comme une limite à ne pas franchir pour ne pas être décrédibilisé.

 

 

Quand avez-vous franchi cette limite ?

C’est venu avec le temps. Dans notre histoire, sur le volet politique, nous avons poussé le bouchon un peu loin. Il y a eu le mouvement Motivé-e-s avec lequel nous étions présents au deuxième tour des élections municipales à Toulouse.

 

Pourquoi trop loin ?

Nous sommes avant tout un groupe de musique. A un moment, nous faisions plus de politique que de musique. Il fallait que nous donnions des spectacles. Sinon, cela s’appelle des meetings, on crée le parti Zebda et tous les Beurs à la présidence…

 

Est-ce que le fait d’avoir fait une pause vous a aidé à franchir cette limite ?

Oui, nous nous sommes retrouvés en pleine zénitude. Dans cette aventure, chacun doit se faire plaisir. Au début, les groupes ont des périodes où il faut vaincre, convaincre, être connu, être bon, faire ses preuves, mettre le feu. Aujourd’hui, le travail est fait.

 

Vous prenez toujours « la scène comme le maquis » ?

Il y a toujours la conviction. Ça, c’est jusqu’au bout.

 

Dévoilez-vous l’album lors de cette première partie de tournée ?

Nous chantons trois titres. Nous n’allons pas tout dévoiler tout de suite. L’album sort en septembre.

 

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ?

Ce sont les thèmes récurrents de Zebda : le racisme, l’injustice sociale, l’intolérance… Je raconte ce que je connais. Dans une chanson, on parle de sa vie et on donne au texte une forme d’universalité.

 

Qu’avez-vous ressenti après avoir entendu les résultats des élections européennes ?

Je n’ai pas été surpris. Cela fait trente ans que nous sommes dans les luttes associatives, politiques pour dire qu’il faut combattre les inégalités. Pendant ces trente années, la bulle n’a cessé de gonfler. La misère des gens est plus grande. Des personnes proches de nous nous ont dit qu’elles avaient voté front national. L’ennemi se rapproche de nous. Il faut arrêter de jouer avec le feu. Il est temps de donner un sens, une projection de vie pour faire face à cette montée du front national.

 

  • Mercredi 11 juin à 21 heures au parc des Provinces à Grand-Quevilly.
  • Première partie à 20 heures : Queen Maya
  • Concerts gratuits