« Beauté Bâtarde » de la Compagnie Tres Esquinas | mardi 29 novembre

photo : Sonia Blin

Du tango dans le cadre du festival Plein Phare du centre chorégraphique nationale du Havre Normandie.

Qui dit tango, risque d’ouvrir une boîte à clichés. Pour le hip-hop pareillement. Dans Beauté Bâtarde, Rémi Esterle va très au-delà. Il connaît si bien ces domaines, comme danseur professionnel de tango, mais d’abord passé par le hip-hop. Sur scène, deux danseurs de tango et un rappeur laissent transparaître ce qui les sépare ; pour ensuite, chacun à partir de son langage, finir par en inventer un troisième.
Beauté Bâtarde fait entendre le rap comme technique vocale à part entière ; une matière très travaillée. À ne pas réduire au seul message véhiculé. Et Beauté Bâtarde fait voir le tango comme une technique chorégraphique à part entière, très élaborée. Chacun de ces deux genres est né de populations à la marge, aux origines mêlées, qui ont alors inventé une expression artistique singulière. C’est ce cheminement, c’est la riche complexité d’un métissage, qui passionne Rémi Esterle. Il nous le fait partager.