34 artistes sont réunis par De Visu, le réseau d’espaces d’art actuel en milieu scolaire et universitaire, à L’Académie à Maromme. Une exposition à découvrir, comme à la maison, jusqu’au 22 décembre.

Cette fois, c’est monsieur P. qui invite. Ce féru d’art contemporain ouvre sa maison normande pour faire découvrir une partie de sa collection d’œuvres. Pour cette exposition, il y en a 66, les plus récentes, réalisées par 34 artistes contemporains et dispersées dans les cinq pièces de sa grande bâtisse, appelée également Maison Pélissier située à Maromme.

C’est la petite histoire que s’est raconté Jonathan Loppin, cofondateur du Shed à Notre-Dame-de-Bondeville avec Julie Faitot, pour accrocher les pièces sélectionnées par le dispositif De Visu, le réseau d’espaces d’art actuel en milieu scolaire et universitaire. On visite L’Académie comme on entre chez un particulier. Là, chaque œuvre, mise en situation, vit selon le quotidien imaginé. Cette Maison Pélissier se prête parfaitement à cet exercice qui ne manque pas de questionnements et d’humour.

Le parcours commence dans la cuisine. Le buffet est dressé mais les plats coupent vite l’appétit. Hélène Souillard se moque de ces mets, homards, langoustines et galantines, trop brillants et parfaitement calibrés, présentés de manière désuète, de leur abondance. Le tapis de table, représentant une immense tranche de jambon trop rose, finit de retourner l’estomac. Pour digérer tout cela, il y a les bouteilles d’eau minérale de Thibault Laget-Ro qui s’amuse à rebaptiser les grandes marques, Vilain, La Salvini, Quelque Part ou encore Frontex.

Une fin du monde

Dans le salon, il y a une ambiance de fin du monde avec les différents paysages de Sara Danguis, Françoise Pace, Pierre-Yves Racine, Zabou Carrière, Mathieu Douzenel et du studio Marlot et Chopard. Aucune présence humaine dans ces photographies qui montrent des endroits sombres ou oubliés, prisonniers du brouillard ou des ciels tourmentés. 

Dans la chambre, il y a les coussins épitaphes de Cendres Delort, la vidéo de ciels changeants d’Anya Tikhomirova qui ne va pas beaucoup aider à dormir. De l’humour avec Alexis Debeuf : son marteau devient un crucifix et s’appelle Vengeance. Il ajoute au pied du lit des chaussons pour sportif, baptisés Force tranquille et sur le bureau un sac en forme de bûche et une porte-clés fait de deux briques. De l’humour aussi avec une bonne dose d’absurdité, avec Leticia Martinez-Perez. L’artiste détourne ou crée des objets kitsch et ludiques.

Daho et Bowie

Changement d’atmosphère dans le bureau où flotte le paysage marin de Marc-Antoine Garnier. Le Grand Sommeil de Guillaume Montier avec la pochette de l’album La Notte, la notte, une photo de Pierre et Gilles, côtoie Please d’Aurélien Pauly avec un cliché de Bowie. Là, les fleurs fanées et les malles en céramique de Charlotte Coquen, là-bas le grand cabas bleu facilement reconnaissance, Vaiselle IKEA d’Alexandre Nicolle. Awaiting A Miracle de Nicolas Koch est une photo et une boîte en bois avec un socle. L’artiste a construit la maquette du plus petit bateau habitable qui a traversé l’Atlantique. Et ce, à l’échelle du lac Léman où il a laissé sa réplique. Il attend désormais que le voilier retrouve son écrin.

Le cabinet de curiosités présente diverses œuvres comme les dessins sur papier d’Edith Longuet-Allerme faits de poussière de matériaux de construction, les créatures hybrides de Fabien Tabur, mi-humains, mi-végétaux, les méduses en fibres de lin de Sophie Videgrain qui flottent dans une vitrine. À voir enfin dans l’entrée, le sapin de Noël désarticulé de Marie-Margaux Bonamy et son ballon de foot en fourrure.

Infos pratiques

  • Jusqu’au 22 décembre, du lundi au vendredi de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 17 heures, les samedi et dimanche de 14 heures à 19 heures, à L’Académie, Maison Pélissier, 96, rue des Martyrs-de-la-Résistance à Maromme.
  • Entrée libre.
  • Renseignements au 09 84 24 32 17 ou sur www.le-shed.com