Lors des dernières campagnes électorales, la culture n’a pas été le sujet qui a animé les débats. Bien au contraire. À Dieppe, l’équipe de la scène nationale a envoyé le questionnaire établi par le Syndeac. Quatre des cinq candidats, sauf le Rassemblement national, y ont répondu et posent DSN comme l’acteur majeur du territoire.

« Si la culture ne s’était pas invitée d’elle-même dans le débat lors de la campagne pour les élections municipales, elle aurait été une nouvelle fois absente ». Philippe Cogney, le directeur de DSN, a ainsi envoyé aux candidats aux élections municipales à Dieppe les dix questions formulées par le Syndeac, le syndicat des entreprises artistiques et culturelles. L’objectif : prendre connaissance de la vision culturelle pour la ville, les priorités, les engagements et le soutien à un lieu avec un label national, comme la scène nationale de Dieppe. « Il y avait trois points importants : la compréhension de notre activité, son empreinte territoriale, l’investissement dans cet outil »

Les premiers sentiments sont nuancés. La bonne nouvelle : « DSN est le phare culturel ». La scène nationale est certes la seule structure a porté un label national mais est forte de ses 60 000 spectateurs et spectatrices chaque saison. « Elle contribue à la dynamique économique avec ses 22 salariés, une quinzaine d’intermittents et les 400 000 € de retombées économiques ».

Sauf Éric Moisan (Lutte ouvrière), les trois autres candidats sont d’accord pour lancer un chantier de rénovation du centre Jean-Renoir. Pour Dominique Garçonnet (Dieppe, une ambition nouvelle), estime « nécessaires » de « vrais et grands travaux pour rendre de nouvelles scénographies possibles. DSN serait par logique et nature un premier chantier ». Nicolas Langlois (Prenons soin de Dieppe) a noté « le besoin de restructurer le bâtiment de la scène nationale et de la médiathèque qui date de 1982 ». André Gautier (Aimer Dieppe) va plus loin et propose de « doter Dieppe d’un pôle culturel et artistique de territoire rassemblant DSN, Dieppe ville d’art et d’histoire ainsi que des lieux d’exposition, une salle de musiques actuelles et la médiathèque ».

Pas de remise en cause de la labellisation, comme il a pu en être question il y a quelques années mais « une stratégie de développement. Il y a une envie d’une scène plus forte encore avec une empreinte territoriale. Il y a en effet une prise en compte du territoire qui est affirmée. On se pose comme une scène nationale de pays. C’est une ouverture vers les autres. Ce qui est non seulement rassurant pour nous mais aussi une prise en compte de ce qui se passe », explique Philippe Cogney.

Outre les généralités rappelant la culture comme une priorité politique chez tous les candidats, il est à noter une volonté de créer « une ruche » pour des résidences d’artistes, « un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine » et d’organiser « des assises de la culture » pour André Gautier. Dominique Garçonnet prévoit « un lieu du type mini Zénith de 1 500 places pour y proposer des concerts réguliers ». Quant à Nicolas Langlois, il liste un « soutien aux compagnies domiciliées à Dieppe », la « nécessité d’accompagner un projet de lieu de vie pour les artistes », la création d’une « cité de la pêche », « la diffusion d’œuvres (picturales) dans l’espace public », un renforcement de « la programmation de musiques actuelles ».

Un bémol : trois des candidats envisagent l’ouverture de lieux nouveaux et modernes mais rien sur la manière de les faire vivre. « On ne peut penser à de nouveaux outils sans penser à leur fonctionnement. Cette partie n’est jamais abordée. Pourtant elle est essentielle pour assurer leurs actions ». Les différentes réponses montrent enfin une méconnaissance du cahier des charges et des missions d’une scène nationale.