Durant ce Week-end foot qui se déroule du 28 au 30 mai à la scène nationale de Dieppe, il sera question d’un peu de sport, beaucoup de mythes. Fabio Alessandrini joue vendredi 29 mai Touche, une tragi-comédie.

 

Fabio Alessandrini 2Comme pratiquement tous les enfants italiens, Fabio Alessandrini a joué au foot. Il le confie : « j’étais nul, dans le sens sympathique du terme, et je n’ai jamais rêvé de devenir un footballeur professionnel. J’étais content d’être avec mes copains ». Le foot à la télé ? Bien évidemment, il a regardé beaucoup de matches des équipes italiennes.

 

En grandissant, son attachement pour ce sport s’est éteint. Jusqu’à ce que le foot quitte les rubriques sportives pour celles consacrée aux faits de société. « En 2001, je me suis à nouveau intéressé au foot. J’ai vu des joueurs qui mouraient et qui meurent encore. Toute une génération d’athlètes était en train de disparaître parce qu’elle était frappée par la sclérose latérale amyotrophique. C’est une maladie qui paralyse peu à peu le corps pendant trois ou cinq ans et entraine la mort. C’est terrible parce que la personne reste lucide et assiste à la disparition de sa force ».

 

Quand le jeu s’acoquine avec la mort, quand la magie rencontre la tragédie, il y a, pour Fabio Alessandrini, le théâtre. L’auteur, comédien et metteur en scène, artiste associé à la scène nationale de Dieppe, propose avec Touche une plongée dans les méandres du monde du football. Il en révèle les côtés les plus obscurs avec le dopage, les matches truqués, le système de pari, la corruption…

 

En silence

Pour écrire Touche, Fabio Alessandrini a rencontré d’anciens joueurs, des entraineurs… « Tous ont voulu garder l’anonymat. Un footballeur dont j’ai vu jouer lorsque j’étais enfant a choisi de parler. Il a écrit un livre. Carlo Petrini qui est mort aujourd’hui a dû se cacher pour échapper au groupe criminel qui gérait les paris. Il était à Deauville. Il a aussi perdu un enfant, frappé par une leucémie. Petrini était un héros. Il était grand, fort puissant. Le voir fut très touchant ».

 

Dans Touche, Fabio Alessandrini joue un footballeur, une personne qui pourrait être le résumé de tous ces joueurs rencontrés. Il raconte un parcours, cette insouciance qui disparaît avec les années, l’hypocrisie d’un milieu, la complicité des supporters, surtout le silence. « Tout ce qui est raconté est vrai ». Sur scène, le comédien est accompagné de Damien Hennicker, saxophoniste. La musique anticipe, contraste, accentue les situations où se mêlent la tragédie et la comédie. « Un jour, j’ai décidé d’arrêter d’être tragique. Il faut accepter ces moments plus difficiles sinon on est dévoré par le drame. Cela n’empêche pas d’aller chercher de la profondeur dans la légèreté ». D’autant que Touche est une métaphore de la société. « Ce n’est ni pire, ni mieux ».

 

 

Week-end foot

  • Italie-Brésil 3 à 2 de la compagnie Tandaim : jeudi 28 mai à 20 heures au Drakkar à Neuville-lès-Dieppe. Lire l’article.
  • Touche de la compagnie Teatro di Fabio : vendredi 29 mai à 20 heures au Drakkar à Neuville-lès-Dieppe.
  • Séville 82 de Red, Philippe Tessier et Tonio Marinescu : samedi 30 mai à 20 heures à la scène nationale à Dieppe.
  • Tarifs : 12 €, 27 € les 3 spectacles, 7 €, 18 € les 3 spectacles pour les moins de 25 ans.
  • Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn.asso.fr