A l’Armitière à Rouen : rencontre avec Isabelle Autissier

par | 24 juin 2015 | Dédicace

Isabelle Autissier est à l’Armitière à Rouen vendredi 26 juin pour parler de son dernier livre, Soudain, seuls (Stock). Un voyage épique en terre australe qui ferait passer Koh-lanta pour un parcours santé…

 

photo F. Mantovani

photo F. Mantovani

C’est un couple qui part pour un quasi-tour du monde en bateau. A deux. Ils sont jeunes, affûtés. Ils ont l’habitude de l’effort et des conditions difficiles. Ils ont envie de vivre – avant qu’il ne soit trop tard – cette expérience de liberté teintée de défi. Enfin, seuls… Et c’est le drame : entre Patagonie et Cap Horn, ils abordent une île, la tempête fait rage et au matin, le bateau a disparu. Et avec lui, l’espoir de repartir…

 

« Comment est-il possible, à l’heure d’Internet, quand chacun est localisé, suivi, fiché, qu’ils puissent être si isolés, si seuls ? Comment une parcelle de la planète peut-elle échapper si totalement ? Ils s’étaient demandé, avant de partir, s’ils emporteraient une balise de positionnement (…) Mais Ludovic s’était emporté, argumentant qu’ils cherchaient justement à vivre libres, loin de tous les Big brothers, même familiaux ».

 

Il faut sans doute tout le vécu d’Isabelle Autissier, première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire, pour parler aussi justement de ce que l’on peut vivre vraiment quand on se retrouve sur une île déserte. Car la réalité d’Isabelle Autissier est bien plus triviale que celle du Robinson de Defoe, plus sèche que celle du Robinson de Tournier et bien plus dramatique que celle de Koh-lanta. Tout est urgent : manger, boire, faire du feu, ne pas mourir de froid. Garder le moral… Tout est hostile, aussi. Le combat ne s’arrête jamais. Il fallait donc avoir vécu la souffrance, s’être frotté aux éléments, pour pouvoir raconter avec justesse la sidération, le désespoir, le sursaut, le combat, l’abandon. Isabelle Autissier l’a fait. Mais en plus, elle l’exprime avec talent, faisant de cette première partie du roman un feuilleton haletant et oppressant qui va fouiller les tréfonds de l’âme.

 

Il y aura un après. L’auteur va alors nous raconter une autre solitude, celle de l’enfer médiatique. Triviale, aussi. Mais ce serait dommage d’en dévoiler plus…

 

  • Rencontre avec Isabelle Autissier, vendredi 26 juin à 18 heures à l’Armitière. Entrée libre.

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