photo Philippe Gramard

photo Philippe Gramard

Loin de tout cliché et emprise de liberté. Telle pourrait être la définition de la danse d’Anne Nguyen. Danseuse, chorégraphe, enseignante, la jeune artiste a évolué dans le milieu du hip-hop. Elle a d’ailleurs été championne de breakdance. Depuis, Anne Nguyen a emprunté divers chemins parce qu’elle souhaite bousculer toutes les idées reçues sur le hip-hop et qu’elle est surtout animée par de grands défis. Avec sa compagnie Par Terre, fondée en 2005, elle écrit un nouveau langage, redéfinit les codes et les espaces. Comme Yan Raballand, elle est pendant deux ans en résidence au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray qui rouvre ses portes samedi 28 septembre avec un bal.

 

 

 

Le Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray vous a proposé une résidence de deux ans. C’est une première pour la compagnie.

C’est en effet la première année que nous serons en résidence. Béatrice Hanin (directrice du Rive gauche, ndlr) a été la première à faire une telle proposition. Il y en a eu deux par la suite. Nous serons également en résidence à la scène nationale de Malakoff, seulement cette saison, et aussi au Théâtre Louis-Aragon à Tremblay en 2014.

 

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

La compagnie Par Terre est axée sur une sensibilisation à une autre forme de hip-hop. Elle établit des liens entre la danse hip-hop et l’art contemporain. Nous pouvons le faire par plusieurs biais. Il y a les spectacles. C’est bien mais, quand on est néophyte, on n’a pas toutes les clés pour comprendre. Une présence longue dans un lieu permet ainsi des actions envers le public afin de le sensibiliser au mouvement. Par ailleurs, l’image de la compagnie grandit parce que nous pouvons développer des réseaux.

 

Avez-vous des messages à faire passer ?

Oui mais cela se résume difficilement. C’est pour cela que j’ai choisi la danse. Je n’ai pas tous les mots pour exprimer l’imagination, l’inconscient, l’instinctif. Néanmoins, il y a plusieurs messages. Nous nous inscrivons dans un contexte. Le hip-hop est une discipline jeune, une des formes de la danse contemporaine qui n’a pas exploré toutes les facettes de la scène. Je souhaite montrer toutes ces choses inexplorées. Il y a en effet une vivacité dans la danse grâce au hip-hop qui s’approprie l’univers contemporain, urbain et qui rend vivant ce qui est mort. C’est redonner une animalité à la vie, aborder la vie dans une découverte de soi constante. C’est une des choses que j’essaie de mettre en valeur. Nous ne sommes pas grand-chose mais nous nous démenons dans beaucoup de domaines qui nous dépassent. Comme nous sommes tout petits, il faut savoir reconnaître les enjeux : vivre soi-même.

 

 

Quel regard portez-vous sur le hip-hop aujourd’hui ?

Il se développe beaucoup en France. Cette danse s’écrit sur scène avec beaucoup de compagnies. C’est presque unique. Aux Etats-Unis, en Australie, cela n’existe pas. Comme le hip-hop se développe beaucoup, il s’émancipe des valeurs historiques très marquées. On l’a enfermé dans des clichés avec ces questions d’identité sociale et ethnique et avec les revendications politiques. Aujourd’hui, le spectacle de hip-hop est universel.

 

La performance est-elle toujours aussi présente ?

Elle est hyper importante. Dans mes spectacles, il y a de la performance. Mais elle est pensée afin que cela ne se voit pas comme de la performance.

 

A quel moment ces questions sur le hip-hop ont-elles surgi ?

Je suis breakeuse. Dans les compagnies où j’ai travaillé, on me demandait toujours la même chose. Moi qui suis quelqu’un de créatif, j’avais besoin de challenge. Il y a eu une rencontre avec un chorégraphe. Il y avait un message dans un de ses spectacles : pourquoi je danse. J’ai alors écrit des textes et des poèmes pour aller plus loin dans ma réflexion. Puis, j’ai créé la compagnie où je peux m’exprimer, où je peux développer ce rapport au hip-hop, ce rapport à la danse. Au départ, je n’étais pas destinée à la danse. Je suivais des études de physique. Comme je n’avais plus le temps de faire du sport, il fallait que je trouve autre chose. La danse m’a permis d’exprimer physiquement et intellectuellement ce que je ressentais.

 

 

  • Anne Nguyen anime une soirée Voulez-vous danser avec moi ? vendredi 24 janvier, présente Promenade obligatoire vendredi 7 février.

 

 

photo JL Fernandez

photo JL Fernandez

Le bal d’ouverture

La saison du Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray commence avec le bal traditionnel. Elle s’ouvre avec une déambulation formée d’Anne Nguyen et des élèves des classes à horaires aménagés danse des écoles Joliot-Curie de la ville sur le parvis du théâtre. Après une parenthèse musicale de Trom’Paint, retour à la danse avec un bal disco. Yan Raballand et ses danseurs seront les maîtres de cérémonie et apprendront quelques pas pour chauffer le dancefloor.

 

 

  • Samedi 28 septembre à 19 heures au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray.
  • Entrée libre et gratuite.

 

Plus d’infos sur www.ville-saintetiennedurouvray.fr/rivegauche ou sur www.compagnieparterre.fr