Naïki est un petit garçon. Il grandit à Petite-Plaine, au milieu de ses parents, de son grand frère, Yawao, grand chasseur, de sa tribu. Mais, il déteste les armes, la chasse, les profondeurs de la forêt. Tel est le début de Bout-du-monde, le beau roman d’Olivier Silloray, auteur rouennais.

 

olivier sillorayAu bout du monde ou ailleurs, peu importe. Cet  ouvrage, Bout-du-monde, ne se veut pas dépaysant. Le propos d’Olivier Silloray n’est pas de raconter tout simplement la vie paisible et merveilleuse d’une tribu installée en plein cœur de la forêt tropicale.  Même si aujourd’hui, « on a la religion du voyage. Nous avons tous besoin de dépaysement, d’aller voir ailleurs. Or, la vérité est maintenant et pas au bout du monde. Ailleurs, les gens sont certes différents mais nous vivons tous dans le même monde. Je crois fortement en l’égalité des hommes. Personne ne vit à l’âge de pierre. Nous sommes tous des contemporains et nous avons tous les mêmes préoccupations : grandir, trouver sa place, trouver un amour, élever des enfants et mourir pas trop idiots. Chaque individu est le centre du monde », remarque l’auteur rouennais.

 

Bien évidemment, on voyage tout de même avec Naïki, jeune garçon qui ne souhaite pas marcher sur les traces de son père, de son grand frère et de tous les hommes de sa tribu. La chasse ne le passionne pas. L’histoire de ses ancêtres l’intéresse à peine. Il faudra une rencontre décisive avec une jeune fille pour que Naïki parte vers un ailleurs.

 

Mais on voyage surtout dans les méandres des tourments, des interrogations, des colères de cet enfant, avide de découvertes, qui devient un adulte. On le suit dans cette histoire, très bien écrite, pleine de rebondissements. Olivier Silloray n’installe jamais son héros à l’endroit où l’on présume. Etape après étape, Naïki perçoit des éléments de réponse à ses questions.

 

Avec Bout-du-monde, Olivier Silloray signe un livre politique avec un point de vue écologique fort. L’auteur aborde également des sujets importants aujourd’hui, comme le refus de la violence, la force du langage, la mémoire d’un peuple et ce besoin de vivre en semble pour « éviter le repli sur soi, le repli identitaire, le terrorisme identitaire. Chacun a sa place ».

 

  • Bout-du-monde, Olivier Silloray, 154 pages
    Magnard Jeunesse. A partir de 13 ans.