12 jours, 6 lieux, 9 spectacles, 3 expositions pour fêter les 30 ans d’Art et déchirure. 12 jours, du 14 au 22 novembre, pour découvrir une production artistique singulière et généreuse dans l’agglomération rouennaise.

Quand ils ont lancé leur idée il y a trente ans, ils ne savaient pas du tout « ce qu’elle allait donner ». Depuis, elle a fait son chemin… En 1989, José Sagit et Joël Delaunay organisaient la première édition d’Art et déchirure, un festival ouvert aux différentes formes d’expression artistiques issues du monde de la santé mentale.

L’objectif de de ces deux infirmiers en psychiatrie : témoigner d’une production artistique dans le milieu hospitalier. « Nous avons toujours été attachés à la valeur artistique des créations. Nous montrons un travail d’artiste et non une maladie ». Pour eux, il était évident de le faire hors des murs de l’hôpital non seulement pour éviter tout lien entre art et thérapie mais aussi pour casser les clichés sur les maladies mentales.

José Sagit et Joël Delaunay, le premier plus proche du théâtre, le second, plus sensible aux arts plastiques, ont largement gagné leur pari. « Nous avons eu beaucoup de chance et, au départ, une bonne intuition. Nous avons fait appel au milieu de la culture qui a été touché par notre propos. Nous avons eu un bon accueil ».

« Elle a changé nos vies »

Art et Déchirure est devenu un des événements les plus magiques et les attendus des saisons culturelles avec des propositions artistiques singulières et innovantes évoquant les blessures profondes de l’être. « Nous avons appris en faisant. Pour la première édition, nous étions un tout petit groupe de personnes avec des compétences complémentaires. C’est une aventure extraordinaire. Elle a changé nos vies ».

Art et Déchirure dure désormais douze jours et dans six structures culturelles : le CDN de Normandie Rouen, L’Étincelle à Rouen, l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu, la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan, la chapelle Saint-Julien à Petit-Quevilly et la Halle aux Toiles à Rouen. Sans oublier le musée Art et Déchirure d’art singulier qui a ouvert ses portes en novembre 2017 au sein du centre hospitalier du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen.

La 17e édition du festival marque les 30 ans d’Art et Déchirure avec neuf spectacles pour raconter des parcours de vie semés d’embûches, le monde entre réalité et rêve de Nannetti, les arcanes de la folie de Typhus, les relations d’un éducateur et écrivain avec les malades, l’histoire d’un homme portant un traumatisme d’enfance, celle encore d’un enfant adopté qui découvre ses racines, d’un ouvrier blessé après une chute et d’un philosophe assassin. La compagnie de L’Oiseau-Mouche fait son retour avec La Coma dans Les Diables

Art et Déchirure, c’est désormais trois expositions. Une première au musée Art et Déchirure d’art singulier avec les collections d’œuvres des artistes présents lors des différentes éditions. La Chapelle Saint-Julien à Petit-Quevilly accueille Les Floraisons de l’en-bas de Fabien Chevrier. Trente plasticiens et plasticiennes, des fidèles du festival et des nouveaux, se retrouvent à la Halle aux Toiles à Rouen.

Le programme d’Art et déchirure

  • Jeudi 14 novembre à 20h30 à l’ECFM à Canteleu : Une Vie bien renger d’Adolpha par la compagnie Détournement. Tarifs : 9,30 €, 6,20 €. Réservation au 02 35 36 95 80
  • Jeudi 14 et vendredi 15 novembre à 20 heures, samedi 16 novembre à 18 heures au théâtre des Deux-Rives à Rouen : Le Delirium du papillon par Emmanuel Gil. Tarifs : 15 €, 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Vendredi 15 et samedi 16 novembre à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen : Nannetti et le colonel Astral par la compagnie SIC 12. Tarifs : de 16 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
  • Lundi 18 novembre à 18 heures à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan : Toutes Ces Voix par David Léon. Entrée libre
  • Lundi 18 novembre à 20 heures à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan : La Magie lente par la compagnie L’Idée du nord. Tarifs : de 12 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 76 93 01 ou sur www.mdu.univ-rouen.fr
  • Mardi 19, mercredi 20 et jeudi 21 novembre à 20h30 à l’espace Marc-Sangnier à Mont-Saint-Aignan : Parpaings par Nicolas Petisoff. Tarifs : 15 €, 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Mercredi 20 et jeudi 21 novembre à 20 heures à la salle Louis-Jouvet à Rouen : Dady Papillon, la folie de l’exil par la compagnie Ginko. Tarifs : de 16 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
  • Vendredi 22 novembre à 20 heures au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly : Les Diables par la Coma et la compagnie de L’Oiseau-Mouche. Tarifs : 15 €, 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Vendredi 22 et samedi 23 novembre à 20 heures à la chapelle Saint-Louis à Rouen : L’Avenir dure longtemps par Angelo Bison. Tarifs : de 16 à 3 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 45 05 ou sur www.letincelle-rouen.fr
  • Du 14 au 22 novembre, le musée Art et déchirure, 4, rue Paul-Éluard à Sotteville-lès-Rouen, est ouvert tous les jours de 11 heures à 18 heures
  • Du 14 au 22 novembre, tous les jours de 11 heures à 18 heures, à la Halle aux Toiles à Rouen : exposition de 30 artistes. Tarifs : 3 €, 1,50 €
  • Du 13 au 24 novembre, tous les jours de 14 heures à 18 heures, à la chapelle Saint-Julien à Petit-Quevilly : exposition de Fabien Chevrier