Bruno Putzulu fait partie du jury de A l’Est, du nouveau, le festival du cinéma de l’Europe centrale et orientale qui débute vendredi 3 mars à l’Omnia à Rouen. Avec Colette Lallemant-Duchoze, Goran Radovanovic et Emmanuel Ruben, le comédien, originaire de l’Eure, devra attribuer trois prix (meilleurs film, comédien et comédienne). Lors de cette 12e édition, huit films, inédits, sont en compétition. Entretien avec Bruno Putzulu.

 

Pourquoi avez-vous accepté l’invitation du festival A l’Est, du nouveau ?

En fait, je connais David Duponchel (directeur du festival, ndlr). Nous ne nous sommes pas revus depuis très longtemps. Nous étions ensemble au conservatoire de Rouen et nous nous entendions bien. Comme la demande venait de lui, j’ai accepté. Il y a une autre raison. A un moment où l’ambiance est à la morosité, à la fermeture des portes et de tout ce qui vient de l’extérieur, c’est bien de parler d’un cinéma qui n’est pas le nôtre.

 

Connaissez-vous le cinéma de l’est de l’Europe ?

Non, pas très bien. C’est un cinéma qui est peu distribué en France. Souvent pour des raisons économiques. C’est intéressant d’aller le découvrir.

 

Quel regard portez-vous sur les films d’Emir Kusturica, le réalisateur le plus connu ?

J’aime bien les ambiances de ses films. Emir Kusturica est un artiste, un peu sur tous les fronts. Il est réalisateur, comédien, musicien… Il y a une vraie poésie dans son cinéma. Et je suis très attentif à cela.

 

Quel œil aurez-vous lorsque vous découvrirez les films en compétition ?

Le meilleur ! J’aurai l’œil d’une personne lambda. Un bon film est celui qui emporte. Quand vous commencez à tout détailler, ce n’est jamais bon signe. Ce sont les premières émotions qui parlent. Dans ce festival, il n’y a pas un prix pour la photographie, pour le son… Donc, il fait se laisser porter.

 

Vous qui êtes comédien, comment regardez-vous les films ?

Ce n’est parce que vous appartenez au monde du cinéma que votre sens du goût est détérioré. Quand vous mangez quelque chose, vous savez l’appréciez si c’est bon. Je suis aussi loin d’aller au cinéma tous les jours, même toutes les semaines, voire tous les mois. Il y a des passionnés qui vont au cinéma bien plus souvent que moi. Peut-être aurai-je un œil particulier sur le jeu d’un acteur ou d’une actrice. Peut-être que je ne tomberais pas dans le piège d’un jeu cliché qui vise la performance.

 

Quels sont vos projets au cinéma ?

J’ai un projet de film avec Frédérique Bel. J’ai aussi tourné Baisers volés, un téléfilm de Didier Bivel avec Patrick Timsit et Barbara Schulz. En ce moment, je suis en répétition pour Votre Maman de Jean-Claude Grumberg qui sera donné à partir du 9 avril au théâtre de l’Atelier à Paris. Je joue le rôle d’un fils qui va voir tous les jours sa maman, atteinte d’une maladie, dans une maison de retraite. A chaque visite, il rencontre le directeur. La conversation commence toujours par : « Votre Maman ». Et je réponds : « Ma Maman ». C’est à la fois drôle et émouvant.

 

  • Programme complet sur www.alest.org
  • Ouverture vendredi 3 mars à 20 heures à l’Omnia à Rouen avec la projection de Roues livres d’Attila Till (Hongrie)