Une nouvelle fois, l’ouverture de la scène nationale de Petit-Quevilly/Mont-Saint-Aignan sera une fête. Vendredi soir, la compagnie Rara Woulib déambule dans les rues de Mont-Saint-Aignan pour marcher sur les traces d’un passé. C’est le Deblozay (désordre en créole haïtien).

 

Ils ont un regard mystérieux. Ils peuvent sembler fragiles, maladroits ou, à l’inverse, se montrer très déterminés. Avec un costume sombre, un maquillage très dessiné, ces personnages ressemblent à des morts vivants, à des ombres qui marchent, qui chantent, qui dansent et que l’on suit dans cette folie, dans une transe collective.

Rara Woulib sème le Deblozay (désordre en créole haïtien). Et ce n’est pas la première fois. La compagnie, installée à Marseille, propose des déambulations, semblables des carnavals, dans les villes pour retrouver des souvenirs, des traces de passé enfoui ou de patrimoine oublié.

Le point de départ de ce spectacle onirique se trouve à Haïti. Julien Marchaisseau vit là-bas et se retrouve au milieu d’une longue procession. « Je me suis laissé emmener. A un moment, je ne savais plus où j’étais. Traditionnellement, pendant la période de Carême, les bandes rara se promènent à pied dans les villes et dans les campagnes d’Haïti. Elles sont accompagnées de percussions de d’instruments à vent. La particularité : chacun joue une note. C’est le chœur qui fait la musique ».

A cette tradition, Julien Marchaisseau en mêle une seconde. Celle des rites vaudous. « A la Toussaint, les esprits sont célébrés. Les personnes, les guédés, sont dans un accoutrement particulier. Elles ont un maquillage très blanc qui leur donne un teint blafard. Elles ont une dimension plus romantique ».

Pour imaginer Deblozay, le metteur en scène de Rara Woulib s’est ainsi inspiré de deux rites, du profane et du sacré. Le projet s’est alors écrit en plusieurs chapitres. A Marseille, la compagnie a organisé régulièrement des « formes pirates. C’étaient de grands voyages dans la ville. Cela nous a permis de développer le spectacle, de développer une forme de rue dans la rue. Nous avions besoin d’expérimenter ». La ville est en effet la première source d’inspiration de la troupe. « Ce sont les espaces qui me parlent en premier. Ils racontent tous quelque chose. La topographie, l’architecture sont aussi importantes. Nous rendons visible ce qui est devenu invisible pour les habitants ».

Deblozay raconte ainsi une ville, une histoire qui a marqué un parc, un quartier, les murs d’une cité.

 

 

Distribution

  • Julie Avril, Frédéric Blancot, Anne-Sophie Boivin, César Bouteau, Olivier Boyer, Mireille Brun, Jérémie Charras, France Davin, Pierrick De Salvert, Cyril Fayard, Donata Lelleri, Xavier Marguin, Pierre Mougne, Julien Tribout, Vincent Salagnac, Alexandra Satger, Florent Thiollier.

 

Infos pratiques

  • Vendredi 4 octobre à 21 heures place de la Mairie à Mont-Saint-Aignan.
  • Spectacle gratuit.

 

Lire également la présentation de la saison de la scène nationale : www.relikto.com/une-saison-de-transition-2/

www.rarawoulib.org

www.scenationale.fr