Christophe est jeudi 10 octobre au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Artiste secret, discret, il sort de son antre musicale pour se promener en toute liberté dans un vaste répertoire. Il y a les tubes inoubliables : Aline, Les Paradis perdus, Succès fou, Les Mots bleus… Et toutes les chansons empreintes de mélancolie et d’élégance. Seul, au piano ou à la guitare, Christophe, « dandy maudit » traverse cinq décennies de compositions et de recherche. 

Pas de tournée

Christophe refuse le terme de tournée. « C’est un format que je n’aime pas. Je ne peux pas être dans un schéma si formaté. Je ne suis pas fait pour ça. Je suis dans la passion ». Le chanteur préfère « ces moments d’improvisation » pour « être le plus original possible ». Alors, les concerts, il ne les prépare pas. « Je me laisse guider par l’ambiance de la ville, du moment. C’est aussi selon mon humeur. Je veux une véritable rencontre avec le public, un réel échange avec la salle. J’improvise. Cela ne sert à rien de travailler le piano. La fragilité est tellement belle. J’aime les failles, les aventures sans filet ». Quelles chansons pour ce concert ? « Je me pose la question au moment des balances. Cette expérience me plaît et je prends beaucoup de plaisir à jouer »

La musique, avant tout

« Dans une vie, quand on a une passion, elle vous envahit. La musique m’habite. J’y pense tous les jours. Elle me protège. Pour moi, c’est une béquille ». Christophe ne s’est jamais défini comme un chanteur mais davantage comme un explorateur de sons. « J’adore ce rapport à la manière sonore et l’expérience me plaît. Je teste beaucoup. C’est vrai, cela prend du temps mais c’est un immense plaisir. Je suis comme un peintre qui cherche sa couleur ». Mais pas de musique, sans les mots. « J’en ai besoin. Raconter des choses, c’est important. Je travaille sur un éventuel album. Aujourd’hui quand j’écoute de la musique, j’aime bien cette espère de romantisme à fleur de peau, les belles romances ».

Le piano, comme un passage obligé

« J’aime les instruments. Pour moi, ce sont des œuvres d’art ». Les pianos partagent la vie de Christophe depuis une trentaine d’années. C’est en 2013 qu’il décide d’en jouer. « J’ai eu envie de donner des concerts en solitaire et sur un beau piano. Comme je jouais déjà sur des synthés, j’avais des bases. Il m’a fallu tout de même comprendre la mathématique du piano. J’ai passé quinze jours avec un pianiste classique. Mais je n’ai jamais vraiment travaillé le piano. Je ne me suis pas dégonflé non plus. C’est devant le public que je travaille. Comme si j’étais chez moi. Je suis très heureux comme cela. Je recherche la résonance magique. Comme je ne suis pas un technicien, je  suis dans la recherche. J’aime un instrument qui est dans les médiums et qui va me permettre d’entendre des harmonies. Quand je me mets au piano, je ressens une vraie fusion ».

Le théâtre et le cinéma aussi

Christophe ne cache pas non plus son amour pour le théâtre et le cinéma. Il a toujours multiplié les collaborations artistiques. Être comédien ? oui, pourquoi pas mais « j’ai abandonné parce que je n’ai jamais voulu apprendre quoique ce soit ». Il a composé des bandes originales, notamment celle de Jeanne, le film de Bruno Dumont, dans lequel il fait une apparition. « J’adore ça. Je travaille sur l’image et non à partir du scénario. C’est l’image qui donne un rythme, une couleur. Jeanne est un petit miracle qui vient beaucoup de la comédienne (Lise Leplat Prud’homme, ndlr). Elle m’a inspiré. C’est comme si j’avais tourné avec Godard il y a vingt ans ».

Infos pratiques

  • Jeudi 10 octobre à 21 heures au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.
  • Tarifs : 30 €, 20 €.
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr