photo Franck Loriou

De quoi faire battre mon cœur… C’est le titre du 7e album de Clarika, le plus autobiographique. La chanteuse malicieuse revient sur un épisode douloureux de sa vie, une séparation. Le ton est grave mais les ambiances légères. Rien de plombant dans tout ça parce qu’il y a toujours de la vie et de l’amour. Pour ce disque, Clarika a travaillé avec Fred Pallem, Mathieu Boogaerts et aussi La Maison Tellier. Elle est en concert mardi 7 février au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen.

 

Le slogan de Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de la Belle Alliance populaire, Faire battre le cœur de la France, ressemble beaucoup au titre de votre album. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Des amis ont vu ça et m’en ont parlé. Cela m’a bien fait rire. La relation est marrante.

 

Qu’est-ce qui fait battre votre cœur aujourd’hui ?

Clairement, aujourd’hui, c’est la tournée qui fait battre mon cœur. J’adore être sur scène. C’est ce que je préfère dans le processus de création. Là, je me sens à ma place. Quand les choses sont écrites, elles ne vous appartiennent plus. Le concert est un moment qui permet de se réapproprier les chansons. Il y a aussi toujours un côté joyeux dans le fait de partir.

 

Et dans votre vie ?

Dans ma vie, il y a le cinéma. Il fait partie des arts qui me sont le plus proche. Avec la littérature. La politique m’intéresse. Elle fait battre mon cœur, un peu trop vite parfois parce que certains faits m’énervent. Je me sens concernée par tout ce qui se passe mais je n’ai pas toutes les clés. Je ne me sens pas toujours bien informée. C’est pour cette raison que je n’écris pas sur tout.

 

Pour cet album, vous avez porté un regard sur un moment de votre vie.

J’écris sur des choses qui me concernent, qui me ressemblent. J’ai du mal à être extérieur du propos. Il y a chez moi un côté instinctif dans le choix des sujets qui sont très personnels. En fait, j’ai besoin d’assumer ce que je raconte.

 

 

Est-ce que toutes vos chansons sont autobiographiques ?

Avec une limite que j’impose : la pudeur. Parce que les chansons sont toujours amenées à être livrées. On les partage et il faut que le public s’y retrouve. On ne raconte pas un journal intime. Cette frontière ? C’est de l’intuition. Avec cet album, en particulier, je ne voulais régler mes comptes. Ce sont certes des propos très personnels qui sont cependant censés parler aux autres. C’est un regard sur soi-même.

 

Avec vous, il y a souvent une urgence dans l’écriture ?

C’est intuitif. Je ne réfléchis pas tant que cela lorsque j’écris. Mais je suis toujours au plus près de ce que je suis.

 

Pour cet album, vous avez collaboré avec La Maison Tellier, un groupe rouannais. Vous chantez en duo avec Helmut Tellier et Raoul Tellier a composé plusieurs titres. Pourquoi eux ?

Je les connais depuis longtemps. J’aime bien leur boulot. Je suis assez sensible aux voix. Celle d’Helmut me touche beaucoup. J’avais aussi demandé à Raoul de travailler sur une ou deux chansons. En fait, il fait un tiers de l’album. Là, j’ai retrouvé la manière de travailler un album qui me convient le mieux. Je livre un texte et on revient avec une chanson. Raoul m’a apporté son talent, sa disponibilité. C’est aussi un mélodiste. Il a tout de suite été dans le mille parce qu’il a été très à l’écoute du texte. Nous nous sommes vite compris.