Il reste un poète sensible, un chanteur écorché. Allain Leprest, si méconnu du grand public, n’est pas oublié par ses pairs et son public, si fidèle. Romain Didier, compagnon de toujours, signe les arrangements pour un Leprest Symphonique. Vendredi 24 janvier, l’orchestre régional de Normandie, dirigé par Dylan Corlay, repend ce répertoire des interprètes, venant d’horizons différents. Autour de Romain Didier, il y aura Clarika, Enzo Enzo et Cyril Mokaiesh vendredi 24 janvier au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray. Entretien avec Clarika.

Quelle est la première chanson d’Allain Leprest que vous avez entendue ?

Ce sont Les Tilleuls. C’est aussi celle que j’ai interprétée sur l’album de ses reprises quand il était encore vivant. J’avais été invitée par d’autres chanteurs. À ce moment-là, je connaissais Allain de réputation, de nom. J’ai découvert des textes dans un premier temps. Ce fut un premier choc. Puis, il y a eu les rencontres. Je l’ai un peu connu. C’était un véritable interprète.

Que faut-il retenir de l’écriture d’Allain Leprest ?

Allain était un poète. Il a écrit une poésie très accessible tout en étant recherchée. Il employait des mots très littéraires. Il allait droit au but et utilisait beaucoup d’images de la vie quotidienne. Il savait donner du concret à des sentiments évidents. Il abordait des thèmes universels. Son écriture a une particularité : elle peut être lue.

Est-ce aussi agréable à chanter ?

Oui, c’est très agréable. Il y a un lyrisme et une grande simplicité dans les chansons. Les interpréter avec un orchestre, c’est un double plaisir.

Comment les chanter ?

Ce sont des chansons fortes et denses qui demandent  un investissement particulier. Entourés de musiciens, nous avons une responsabilité par rapport aux chansons et au contexte.

Comment vous êtes-vous répartis le répertoire d’Allain Leprest ?

Ce fut un travail en commun. Nous avons commencé à travailler autour d’un piano avant une première rencontre avec l’orchestre national des Pays de la Loire. Chacun a fait ses suggestions. Au départ, Cyril (Mokaiesh, ndlr) chantait Nu mais j’avais très envie de la chanter. D’autant que cette chanson avait été interprétée par Daniel Lavoie. Nous avons échangé.

Quel élan donne un orchestre sur scène ?

J’ai rarement eu l’occasion d’être sur scène avec un orchestre. C’est une émotion très particulière. C’est aussi une belle rencontre. Les arrangements de Romain Didier sont très beaux. L’orchestre porte énormément. Il y a un souffle avec toutes les cordes.

Quel souvenir gardez-vous d’Allain Leprest ?

C’était un garçon très drôle, loin de l’image de l’écorché vif qu’il pouvait donner dans ses chansons. Quand je l’ai connu et côtoyé, il était déjà malade. Il ne chargeait personne de ces problèmes. Il savait être léger et pouvait dire quelques blagues foireuses. Malgré ce qu’il portait et la maladie, il était un compagnon agréable.

Est-ce que ce concert est une forme d’hommage ?

Il n’y a rien de solennel dans ce concert. Nous portons les chansons. Elles sont assez graves et le public ressort bouleversé. Un concert avec les chansons d’Allain Leprest est un marathon de l’émotion. Avec néanmoins des moments plus légers. On s’en prend quand même plein la gueule. L’œuvre d’Allain n’est pas tiède. Nous ressortons de scène bien chargés d’émotions aussi. C’est très fort et extrêmement positif. Allain est un génie méconnu. Là, nous faisons un travail de passeurs. 

Infos pratiques

  • Vendredi 24 janvier à 20h30 au Rive gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray.
  • Tarifs : de 26 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 32 91 94 94 ou sur www.lerivegauche76.fr