Une colonie de musiciens à Giverny

par | 17 août 2017 | Concert

Le festival revient chaque été à Giverny. Musique de chambre se déroule du 17 au 27 août principalement au musée des impressionnismes. Il réunit une troupe de 25 musiciens d’une dizaine de nationalités qui répètent et jouent ensemble dans diverses formations.

Pour cette nouvelle édition de Musique de chambre à Giverny, Michel Strauss emmène sur « La Route de la soie ». Premier thème de ce festival qui permet de construire un programme autour d’oeuvres rares. « C’est important pour nos jeunes musiciens ». Le directeur artistique du festival s’est inspiré du projet artistique de Yo-Yo Ma, violoncelliste américain. « Il joue de la musique sur le trajet de la route de la soie et fait entendre des compositeurs des pays traversés. Nous parlons beaucoup de l’Europe et nous avons eu envie de revenir sur les migrations. Nous allons emprunter la route qui passe vers le nord ».

Notamment vers l’Azerbaïdjan avec la compositrice Franghiz Ali-Zadeh. « Elle est influencée par diverses musiques et va aussi chercher des sonorités d’instruments traditionnels de son pays », remarque Michel Strauss. Pianiste, Franghiz Ali-Zadeh partage dans ses pièces ses émotions, évoque les conflits religieux et culturels. Pour le festival de Giverny, elle a écrit Nymphéas, les nuages, une partition pour violoncelle, flûte, violons et alto, « une oeuvre assez traditionnelle mais virtuose ».

« Un tremblement de terre »

Autre thème abordé : Musique en révolution. Il y a tout d’abord le centenaire de la Révolution russe, « un vrai tremblement de terre politique, historique et même culturel », note le violoncelliste. « Chostakovitch n’était pas révolutionnaire mais il a beaucoup écrit pour la révolution d’Octobre. Ses musiques ont été ensuite utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale contre le Nazisme et l’invasion allemande ». Pendant le festival, Michel Strauss fait entendre des oeuvres de Weinberg, « un proche de Chostakovitch », de Rimski-Korsakov, d’Amirov, « un compositeur qui est dans le réalisme socialiste. Ses musiques sont d’un abord facile mais démontrent une réelle complexité sur le plan thématique ».

Musique en révolution, c’est aussi faire la part belle aux compositeurs qui ont « révolutionné l’écriture. Comme Beethoven. Il accompagne, soutient le mouvement révolutionnaire français et compose d’une manière extrêmement novatrice. Ses partitions s’éloignent de cette de Haydn, du classicisme de l’époque pour parvenir à faire des choses gigantesques. C’est une époque incroyable. C’est pareil pour Debussy. Pelléas et Melisandre est un tremblement de terre ». Le premier concert du festival est consacré entièrement à Beethoven avec notamment un extrait de L’Ode à la joie.

  • Du jeudi 17 au dimanche 27 août à Giverny et dans les alentours. Tarifs : 20 €, 10 €, 60 € le pass 5 concerts, 110 € le pass festival. Réservation au 09 72 23 33 52 ou sur www.musiqueagiverny.fr
  • Programmation complète sue www.musiqueagiverny.fr

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