C’est un voyage vers le grand Nord que propose Oswald Sallaberger. Le maestro, directeur musical de l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie pendant douze ans, dirige à nouveau la formation qu’il a fondée jeudi 23 et samedi 25 novembre. Au répertoire de ce concert : Sibelius, Schumann et Leifs. Gagnez vos places pour le 25 novembre en écrivant à relikto.contact@gmail.com

Oswald Sallaberger revient régulièrement à Jean Sibelius (1865-1957), un des plus grands compositeurs européens de son temps. Dans cette œuvre, le maestro retient une réelle singularité. « Sibelius ne s’est jamais laissé entrainer dans une mode. Il est toujours resté fidèle à sa cuisine musicale. Il n’a rien volé. Sa musique n’est ni un patchwork ni un collage. Son œuvre est très personnelle. On sent bien qu’il est imprégné de sa Finlande natale. Sibelius compose une musique de paysage, décrit des ambiances, partage un désir de lumière. Comme dans le cinéma nordique ».

Pour ce concert jeudi 23 et samedi 25 novembre avec l’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Oswald Sallaberger a sélectionné dans ce vaste répertoire les Scènes historiques II. Des pièces écrites pour un rassemblement de la presse à un moment où la Finlande était sous occupation de l’Empire russe au début du XXe siècle. « Elles comportent trois ambiances différentes. Dans les deux premiers mouvements, on perçoit une forme de nostalgie. Le troisième est une quête de l’indépendance ». Si Sibelius évoque une soif de liberté, il ne signe pas pour autant une musique engagée. « Il avait néanmoins des convictions. Il était un homme ambitieux, ouvert, européen mais ne serait pas aller jusqu’au combat ».

« Dans l’étrange »

Autre exploration : la Réminiscence du Nord par Jón Leifs (1899-1968). Oswald Sallaberger qui sait toujours insérer avec habileté une partition méconnue propose une traversée de la Finlande à l’Islande. « C’est un autre langage, une autre approche de la musique. Nous sommes davantage dans l’étrange. Jón Leifs, le plus grand compositeur islandais du XXe siècle est surtout connu pour Hekla, un poème symphonique qui décrit l’éruption d’un volcan. Avec cette Réminiscence du Nord, nous sommes dans le souvenir, dans une inspiration ».

A ces deux pièces musicales, le maestro ajoute le Concerto pour piano et orchestre opus 54 de Robert Schumann (1810-1856). Une partition en forme de dédicace cachée à sa femme puisqu’elle commence par les cinq notes (en allemand) écrivant le nom de Clara. Adam Laloum, soliste de l’année aux Victoires de la musique 2017, interprète avec l’orchestre cette pièce musicale romantique et élégante qui contraste avec les œuvres de Sibelius et Liefs.

  • Jeudi 23 et samedi 25 novembre à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 32 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr