L’Opéra de Rouen Normandie s’installe à la chapelle Corneille à Rouen, joyau architectural qui a bénéficié d’une magnifique restauration. Après le chœur Accentus, Le Concert spirituel, dirigé par Hervé Niquet, interprète dimanche 7 février la Messe à 40 voix de Striggio, une œuvre ambitieuse.

 

hervÇ_niquet12_copyright Eric Manas_2La Messe à 40 voix d’Alessandro Striggio (1540-1592) marque les 25 ans du Concert spirituel. Pour Hervé Niquet, fondateur et directeur de l’ensemble, « c’était une occasion de réunir un grand nombre de chanteurs ». Un défi ? « Je ne sais pas. Si je m’attaque à une telle œuvre, c’est parce que nous sommes capables de la chanter. Je n’occulte pas toutes les difficultés. Pour les surmonter, il faut travailler. Et cela a été un gros travail ».

 

La Messe à 40 voix est un véritable monument, l’une des polyphonies les plus vastes. « On l’appelle la 9e Symphonie de Beethoven. On n’a jamais rien fait de plus grand. C’est bien pensé, très équilibré et très beau ». Alessandro Striggio, compositeur florentin très admiré, a en effet écrit en 1565 pour la cour des Médicis une véritable mosaïque vocale puisque chaque chanteur a sa partie. « C’est un immense génie, un grand intellectuel. Il avait composé cette œuvre dans sa tête pour ne pas qu’on la lui vole. Plus tard, c’est lui qui a guidé les copistes pour l’écriture de la partition ».

 

Une page musicale sacrée qui est restée introuvable pendant quatre siècles. Découverte par miracle à la fin des années 1970. « Il a fallu des années de recherches, surtout beaucoup de chance », remarque Hervé Niquet. Pour cette Messe à 40 voix, il faut une belle sensibilité des voix, une juste présence des instruments. « Dans cette œuvre, l’harmonie est à son paroxysme. Si on ne garde pas sa voix, si on veut être trop expressif, le machin s’écroule. Et c’est à la micro seconde près. Tout cela s’inscrit dans un mouvement philosophique qui dit : ayez l’humilité d’être à votre place et tout sera grand ».

 

Pour ce concert à la chapelle Corneille, Hervé Niquet a souhaité reconstituer un office avec le Plain Chant du propre harmonisé de Francesco Corteccia, Memento à huit voix de Claudio Monteverdi et Laetatus Sum, Misere et Magnificat pour deux chœurs d’Orazio Benevolo.

 

 

 

  • Dimanche 7 février à 16 heures à la chapelle Corneille à Rouen. Tarif : 25 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 94 74 78 ou sur www.operaderouen.fr