photo Eric Canto

photo Eric Canto

C’est un plongeon dans la Matière noire, titre du huitième album de Mass Hysteria. Le groupe de metal des années 1990 n’a rien perdu de son énergie. De sa rage non plus. Les titres de Matière noire, dont le premier single, Chiens de la casse, sont bruts, acides, extrêmes. Mass Hysteria n’est toujours pas dans le compromis. Il reste aujourd’hui un groupe qui enflamme les scènes. A voir samedi 12 mars au Tetris au Havre et jeudi 28 avril au 106 à Rouen. Entretien avec Yoann, guitariste de Mass Hysteria.

 

Après plus de vingt ans d’existence, votre passion pour le rock est intacte.

Oui, c’est toujours la même. Et ce depuis que j’écoute les disques de mon père. Il y avait Elvis Presley, les Shadows, même Johnny Hallyday. Je me souviens : je m’enfermais dans ma chambre et j’écoutais, je réécoutais. Je ne saurais expliquer cette passion. Le rock m’a pris et j’en ai fait mon métier. Je fais partie des personnes qui achètent encore beaucoup de disques aujourd’hui. J’en ai besoin.

 

Qu’est-ce que vous ressentez ?

Vous avez des frissons lorsque vous mettez un disque sur une platine. C’est extraordinaire quand vous trouvez un album que vous n’avez plus envie d’enlever de sur la platine. Dans cette liste, il y a Metallica, Rage against the machine…

 

A quel moment avez-vous eu envie de jouer ?

C’est venu très vite lorsque j’ai entendu Metallica. J’avais une passion pour le chanteur, James Hetfield. J’avais des posters partout dans ma chambre. Je voulais lui ressembler quand j’étais gamin. A cette époque-là, j’étais très lucide. Je savais déjà que ce serait difficile d’en vivre. Et j’y suis arrivé. Il y a eu beaucoup de travail, un peu de chance. Mass Hysteria s’est formé avant que j’intègre le groupe. J’étais là au bon moment. J’étais en stage dans le studio où il répétait. Un jour, on m’a proposé de jouer.

 

Comment expliquez-vous la longévité du groupe ?

C’est la passion encore. Nous sommes tous des passionnés de musique. D’autre part, nous avons appris à nous accepter tels que nous sommes. Et nous savons que nous sommes loin d’être parfaits et que nous avons la chance de faire de la musique ensemble. Rien ne pourra remplacer cette histoire.

 

Vous êtes cinq avec des influences musicales différentes. Comment combinez-vous tout cela ?

Cela se fait naturellement. Je viens d’un rock plus extrême que les quatre autres membres du groupe qui viennent d’un rock plus large. Lorsque je suis arrivé, personne ne m’a demandé de changer ma manière de jouer. Au contraire, je devais garder mon son. Ce qui crée une identité au groupe. Notre public aime ce côté décalé, les grosses guitares et le chant un peu fou.

 

 

 

Et la rage aussi ?

Oui, elle est toujours là. Même de plus en plus. Pourtant, j’écoute beaucoup de musiques douces. Je suis un grand fan d’artistes comme Agnes Obel, Amy Winehouse. Dans cet album, nous sommes allés à l’essentiel. Il est plus violent que les autres. C’est l’humeur du moment. Nous avons nos vieux démons qui ressortent.

 

Vous êtes des « Chiens de la casse » depuis toujours ?

Oui, depuis toujours.

 

Il y a toujours dans Mass Hysteria une grande part d’optimisme.

Oui, nous restons positifs. Mais pas naïfs. Nous voulons dire au public que, même si le monde est pourri, il faut être positifs. Je suis fan de Pierre Rabhi. J’adore sa philosophie de vie : il faut que chacun fasse le bien à son niveau pour répandre la bonne humeur.

 

  • Samedi 12 mars à 20h30 au Tetris au Havre. Tarifs : de 21 à 15 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur www.letetris.fr
  • Jeudi 28 avril à 20 heures au 106 à Rouen. Tarifs : de 25 € à 21,80 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 10 88 60 ou sur www.le106.com