C’est un retour pour Concrete Knives. Le groupe de Caen, désormais à six, a sortir en février 2018 un deuxième album, Be Your Own King, empreint d’une pop euphorisante teintée de mélancolie. Concrete Knives est en concert vendredi 30 mars au Tetris au Havre dans le cadre du Fair Le Tour.

photo Solveig Robbe

Concrete Knives a pris son temps. Entre Be Your Own King et Our Hearts, le premier et le deuxième album, sorti en février 2018, six années se sont écoulées. Un long laps de temps durant lequel le groupe caennais a enchainé les dates de concert. Mais pas seulement. Les différents membres de la formation normande ont également mené des projets personnels avec Samba de la Muerte ou encore Elecampane. Une manière de prendre un autre air musical et de recommencer à partir d’une page blanche.

« A la fin de la tournée, nous étions très fatigués. Nous avions l’esprit vide. Quand tout s’est arrêté, il a fallu repartir à zéro ». Répartir aussi avec « un autre regard sur le monde. Nous avons grandi. Quand le premier album est sorti, j’avais 28 ans. Aujourd’hui, j’en ai 33. Je ne suis plus le même. Des enfants sont nés. C’est compliqué de faire des enfants pendant les tournées. Et encore plus de les élever. Les centres d’intérêt évoluent. La composition de Be Your Own King a permis de digérer nos histoires post-lycéennes. Cette fois, l’angle de vue a changé. Ce n’est pas que nous sommes moins acteurs de ce que nous faisons mais il y a moins de proximité. Nous avons une lecture plus lucide sur les choses », confie Nicolas Delahaye.

« Coucher des émotions »

Pour Our Hearts, Concrete Knives, en concert vendredi 30 mars au Tetris au Havre, a composé une pop éthérée et joyeuse mêlée de quelques couleurs psychédéliques et a ouvert son cœur pour partager une tout « autre humeur », des interrogations plus philosophiques. « La musique, c’est douloureux. C’est difficile de s’exposer sur scène même si ce moment reste galvanisant et enrichissant parce que nous rencontrons plein de personnes. C’est une dualité qui se heurte » qui se retrouve dans l’ensemble de ce nouvel album, autant dans les textes que dans la musique. « Nous sommes dans quelque chose de l’ordre de l’intime, de la mélancolie sombre ».

Est-ce qu’un album peut cicatriser des blessures ? « Non », selon Nicolas Delahaye. « Cela demande bien plus de temps. Un album fait partie du processus. Quand il arrive, on ne sait pas trop pourquoi. Il permet de coucher des émotions. Je pense que c’est une première étape. La guérison se fera après une forme de légèreté et de fertilité ».

 

 

  • Vendredi 30 mars à 20h30 au Tetris au Havre. Tarifs : de 15 à 8 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur http://letetris.fr
  • Première partie : Inuït